| Environnement

Un drame au cœur du transport fluvial de la Sangha

Le 13 juillet 2026, en début d’après-midi, une baleinière a chaviré sur la rivière Sangha, aux abords du port d’Ouesso, chef-lieu du département éponyme. Partie de Pokola, l’embarcation tentait d’accoster lorsqu’elle a sombré, emportant passagers et biens (adiac-congo.com, ACI).

À bord, soixante-et-onze personnes avaient pris place. Parmi elles, des fidèles de l’église « Centre de la parole » de Pokola, surnommée « Nzambe ya l’huile », venus accueillir leur chef spirituel avec enfants, bagages et instruments de musique (adiac-congo.com, ACI).

Ce voyage tenait de la fête autant que du quotidien. Aux chants et aux instruments des fidèles se mêlaient les paniers des cultivateurs et les cartons des familles. Une même barque portait la ferveur religieuse et le labeur des champs (adiac-congo.com).

La surcharge, mal chronique des baleinières

Selon plusieurs témoins recueillis sur les lieux, l’accostage fatal aurait été provoqué par une surcharge manifeste. L’embarcation croulait sous les voyageurs et leurs affaires, auxquels s’ajoutaient des riverains rentrant des champs de Djaka (adiac-congo.com).

Le convoi aurait quitté Pokola sans manifeste, ce registre qui recense passagers et marchandises. Sans lui, nul ne pouvait mesurer la charge réelle ni établir aujourd’hui, avec certitude, le nombre exact des personnes portées disparues (ACI).

Des gilets de sauvetage introuvables sur la rivière

Un riverain a dénoncé « le manque des gilets de sauvetage lors de la traversée ». Sur ces eaux, baleinières, barges et pirogues motorisées circulent trop souvent sans le moindre équipement de flottaison, exposant chaque passager au pire (adiac-congo.com).

Ces défaillances ne datent pas d’hier. D’un port à l’autre, l’insuffisance du contrôle réglementaire du transport entre les villes transforme chaque traversée en pari. Les riverains réclament depuis longtemps des règles claires entre Ouesso et Pokola (adiac-congo.com).

Le bilan est lourd. Vox Congo fait état de trois morts, quand les autorités n’avaient d’abord livré aucun chiffre officiel. Les opérations de recherche se poursuivent pour retrouver celles et ceux qui manquent encore à l’appel (Vox Congo, adiac-congo.com, ACI).

Les autorités au chevet des rescapés d’Ouesso

Le 14 juillet, le préfet de la Sangha, Edouard Denis Okouya, s’est rendu à l’hôpital général de Ouesso pour s’enquérir de l’état des rescapés. Il était accompagné des maires d’Ouesso et de Pokola, Armel Sidobet Gah et Grégoire Hadjinsy Kouffa (ACI).

La délégation a ensuite gagné le port de Ouesso, où elle a réconforté les familles éprouvées. Elle a salué l’engagement de la Marine, de Diginaf et des sapeurs-pompiers, dont les équipes ont porté secours aux naufragés en détresse (ACI).

La Sangha, colonne vertébrale d’un Congo forestier

Ce drame rappelle combien la rivière demeure une artère vitale. Là où les routes manquent ou se dégradent, l’eau devient le principal trait d’union. La baleinière y fait office d’autobus flottant pour rejoindre marchés, champs et lieux de culte.

Cette dépendance a son revers. Plus le cours d’eau porte de vies, plus l’absence de règles se paie cher. Le naufrage d’Ouesso illustre ce paradoxe d’une rivière à la fois généreuse et redoutable pour ceux qui l’empruntent chaque jour.

Réguler la navigation, protéger une rivière nourricière

Les habitants réclament désormais un véritable contrôle réglementaire du transport fluvial. Gilets obligatoires, manifeste systématique, limitation des charges : autant de garde-fous attendus pour que la Sangha cesse d’endeuiller les communautés riveraines (adiac-congo.com).

Une enquête devrait être ouverte afin d’établir les circonstances exactes du naufrage et de dénombrer les victimes. Au-delà du deuil, c’est l’exigence d’une navigation sécurisée et respectueuse du fleuve qui s’impose désormais sur la Sangha (ACI).

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *