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Oyo accueille la diplomatie belge

Le village d’Oyo, devenu épicentre politique du nord Congo, a vu atterrir le 17 août l’avion officiel de Maxime Prévot. Son déplacement, présenté comme une « visite de travail estivale », replace la localité sur la carte de la diplomatie africaine.

Dès le lendemain, le vice-premier ministre belge a franchi les grilles de la résidence présidentielle. Denis Sassou Nguesso, en congé dans sa région natale, a rompu le rythme des vacances pour accorder près de deux heures d’entretien à son hôte, signe d’une relation jugée stratégique.

Selon des témoins présents, l’atmosphère a été « cordiale et studieuse ». Les délégations ont échangé dans le grand salon, surplombant les eaux tranquilles de l’Alima, avant un aparté entre les deux responsables qui a permis d’aborder des dossiers plus confidentiels.

Une amitié vieille de six décennies

Congo et Belgique entretiennent des relations diplomatiques depuis 1961, année charnière pour Brazzaville libérée du joug colonial français. Bruxelles fut alors parmi les premiers partenaires européens à reconnaître la jeune République.

Les archives du ministère congolais des Affaires étrangères rappellent une série d’accords jalonnant ce compagnonnage : partenariat scientifique de 1983, convention culturelle de 1984, coopération financière de 1987, puis accord aérien de 2011. Ces textes structurent toujours les échanges bilatéraux.

Pour Maxime Prévot, « rien ne vaut la longévité pour mesurer la confiance mutuelle ». Cette phrase, glissée devant la presse locale, souligne la volonté de prolonger une dynamique qui, malgré les aléas internationaux, n’a jamais été interrompue.

Coopération économique et scientifique au cœur

Durant l’entretien, les deux parties ont réexaminé les financements belges dans les secteurs de la recherche agronomique et de l’agro-industrie, cruciaux pour la sécurité alimentaire congolaise. L’Institut royal des Sciences naturelles de Belgique participe déjà à des programmes sur la biodiversité du bassin du Congo.

Un nouveau protocole d’appui aux PME congolaises a été évoqué. L’idée est d’activer des lignes de crédit mixtes, adossées à la Banque de développement des États d’Afrique centrale, afin de stimuler la transformation locale du bois et du cacao.

Les conseillers économiques congolais voient également dans cette visite un tremplin pour renouer avec la coopération universitaire. L’Université Marien-Ngouabi et plusieurs hautes écoles flamandes planchent sur des double-diplômes susceptibles de faire de Brazzaville un carrefour académique régional.

Sécurité régionale et intégration sous-régionale

Au-delà du bilatéral, les discussions ont porté sur la situation sécuritaire en Afrique centrale. La circulation d’armes légères dans le couloir Bangui-Kinshasa préoccupe les deux capitales, qui appellent à renforcer la surveillance frontalière.

Denis Sassou Nguesso, doyen politique de la région, a rappelé les avancées récentes du Comité pour la paix de la CEEAC. Il a salué « l’appui discret mais constant » de Bruxelles aux mécanismes de prévention des conflits.

Maxime Prévot a, pour sa part, insisté sur la nécessité d’une approche inclusive impliquant société civile, femmes et jeunes. Cet angle, régulièrement défendu par la diplomatie belge, rejoint les priorités de la feuille de route 2022-2026 de l’Union africaine.

Diplomatie de la santé et de l’éducation

Le volet social n’a pas été absent. Les équipes ont confirmé la reconduction, pour trois ans, du financement belge au programme national de lutte contre la poliomyélite, géré par le ministère congolais de la Santé et l’OMS.

Sur le terrain éducatif, la Belgique apporte un appui technique à la formation des instituteurs ruraux via l’ONG VVOB. Les résultats sont tangibles : taux de rétention scolaire en hausse dans la Cuvette-Ouest, selon les données 2023 du ministère de l’Enseignement primaire.

Les deux acteurs envisagent désormais un centre de formation professionnelle à Owando, spécialisé dans les énergies renouvelables. L’objectif est de préparer la jeunesse à la transition verte tout en soutenant la stratégie climatique que Brazzaville défendra à la COP 29.

La tournée africaine de Maxime Prévot

La présence du vice-premier ministre à Oyo s’inscrit dans un périple qui le conduira ensuite à Kinshasa et Addis-Abeba. Chaque étape répond à une logique d’influence renouvelée de la Belgique sur le continent où elle multiplie partenariats post-Covid.

Pour des analystes basés à Bruxelles, le Congo représente un « sas géopolitique » entre Golfe de Guinée et Grands Lacs. Y consolider les liens facilite l’accès au marché régional de 200 millions d’habitants tout en s’adossant à un pays réputé stable.

Avant de quitter Oyo, Maxime Prévot a loué « l’écoute attentive » de Denis Sassou Nguesso et annoncé une commission mixte dès 2025 à Bruxelles. L’image d’un fleuve Alima apaisé, capturée par les photographes officiels, scelle provisoirement ce chapitre diplomatique.

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