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Nouvel élan pour la résilience climatique

Le 12 décembre, dans une salle lumineuse du ministère des Affaires sociales à Brazzaville, un classeur bleu changeait de main. À l’intérieur, 160 pages : la Stratégie de relèvement post-catastrophe 2025-2030 remise par le Pnud au gouvernement congolais.

Ce document entend transformer chaque crue, incendie ou glissement de terrain en occasion d’apprendre, de reconstruire et de mieux protéger les 5,5 millions d’habitants du pays.

« Il s’agit d’une vision partagée d’un Congo capable de rebondir », a insisté Adama-Dian Barry, représentante résidente du Pnud, rappelant l’alignement sur les Agendas 2030 et 2063.

La ministre Irène Marie Cécile Mboukou-Kimbatsa y voit un levier pour « réduire la vulnérabilité des communautés et améliorer leur bien-être », tout en appelant les bailleurs à unir leurs forces.

Des inondations révélatrices

En janvier 2024, le fleuve Congo et ses affluents sont sortis de leur lit, noyant 30 000 hectares de cultures et coupant des routes dans les départements de la Likouala et du Pool.

Des pirogues improvisées ont servi d’ambulances pour évacuer les malades, tandis que les écoles transformées en abris rappelaient l’urgence de solutions durables.

La nouvelle stratégie tire les leçons de ces crues record : anticiper plutôt que subir, chiffrer les pertes, intégrer la science climatologique dans chaque projet d’infrastructure.

Un plan multisectoriel calibré

Le texte détaille 83 actions réparties sur six axes, de la restauration des digues à la formation des maires en gestion des risques.

Des fonds spéciaux seront mobilisés pour reconstruire les ponts endommagés, installer des stations hydrométéorologiques et accompagner les agriculteurs vers des variétés tolérantes aux inondations.

La stratégie propose aussi une application mobile d’alerte communautaire, testée à Mossaka, qui envoie un signal quelques heures avant la montée des eaux grâce aux données satellite.

Voix de terrain

À Bétou, la maraîchère Thérèse Ikombi a perdu trois récoltes successives mais reste confiante : « Si les digues tiennent, je planterai à nouveau dès mars ».

Le chef coutumier de Makotimpoko, Jean-Baptiste Kombila, souhaite que la formation promise arrive vite : « Nos jeunes savent nager, ils apprendront aussi à lire les crues ».

Ces témoignages confirment l’importance d’inclure les communautés dans la planification, l’exécution et le suivi des travaux, un principe désormais inscrit en annexe de la stratégie.

Financement, le nerf de l’action

Le budget total est estimé à 420 millions USD sur six ans, soit 12 USD par habitant et par an, un coût jugé « raisonnable » par les experts du ministère des Finances.

La table ronde des bailleurs annoncée pour le premier trimestre 2025 devra combiner dons, crédits concessionnels et financements carbone, notamment via l’Initiative pour la forêt de l’Afrique centrale.

Le Pnud jouera un rôle d’intégrateur, en alignant les contributions sur un même tableau de bord afin d’éviter la dispersion observée dans les précédents plans d’urgence.

Impact & solutions

Si tous les volets sont financés, 600 km de routes rurales seront réhabilités, 45 000 ménages auront accès à des abris plus sûrs et 80 % des écoles disposeront d’un plan d’évacuation.

Le gouvernement table aussi sur une réduction de 30 % des pertes agricoles liées aux crues grâce à la diffusion de techniques agro-écologiques et à la remise en état des canaux d’écoulement.

Sur le plan institutionnel, un observatoire national des risques climatiques verra le jour à Brazzaville, avec des antennes dans chaque chef-lieu départemental, pour collecter et publier en temps réel les alertes.

À savoir

Le Congo s’est engagé dans la Décennie des Nations unies pour la restauration des écosystèmes, et la nouvelle stratégie devient la pierre angulaire de son plan national d’adaptation.

Une plateforme publique de suivi budgétaire sera accessible début 2026, garantissant la transparence et permettant aux citoyens de vérifier l’avancement des chantiers.

Comment y aller

Les zones les plus touchées, entre Impfondo et Mossaka, restent accessibles en avion via Brazzaville ou Oyo, puis en pirogue motorisée le long de l’Alima et de la Sangha.

La période sèche, de juin à août, offre des déplacements plus sûrs, mais la montée des eaux entre octobre et janvier permet de mesurer l’ampleur des défis et l’utilité des nouvelles infrastructures.

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