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Plus de 4 000 visiteurs sous la canopée urbaine

Le parc d’exposition de Brazzaville bruisse encore des voix des 4 477 visiteurs comptés entre octobre et décembre. Le chiffre, annoncé par le coordonnateur François Mankessi, marque une progression de 32 % et confirme l’ancrage populaire de la Foire aux plants, neuvième du nom.

Un rendez-vous triculturel à Brazzaville, Pointe-Noire et Oyo

Simultanément dans les trois villes, trente-six horticulteurs ont déployé serres portatives, compositions florales et jeunes arbres fruitiers. Le thème, dédié à la Décennie des Nations unies pour la forestation, a fédéré institutions publiques, ONG et privés autour d’un même espoir : reverdir le pays et soutenir une économie verte naissante.

L’engouement ne convertit pas toujours en achats

Derrière les sourires, les chiffres de vente sont en net repli. Seuls 16 886 plants ont trouvé preneur, soit une baisse de 39 %. Le chiffre d’affaires s’établit à 27,8 millions F CFA, presque moitié moins qu’en 2024, révélant un paradoxe entre curiosité citoyenne et acte d’achat.

Des causes multiples à la régression des recettes

« La clientèle vient, photographie, puis hésite à passer commande », constate Vianney Samba, pépiniériste du groupement Nhsansoulou. Il avance la conjoncture économique et le manque de suivi post-achat comme freins majeurs. D’autres pointent l’éloignement du site habituel de Brazzaville, déplacé cette année pour raisons logistiques.

Safoutiers et agrumes, vedettes des étals congolais

Malgré tout, les espèces fruitières demeurent reines. Safoutiers, avocatiers, manguiers et agrumes composent encore 60 % des ventes selon les statistiques provisoires. Le public, sensible à la nourriture saine venue du jardin, privilégie des essences nourricières aux florales plus décoratives.

Qualité des plants : le chantier prioritaire pour 2026

Devant ce constat, les horticulteurs promettent d’introduire des variétés mieux acclimatées et de peaufiner les méthodes de taille. « Nous miserons sur des plants greffés, plus vigoureux et productifs », explique Pascal Iloki, président de l’Association congolaise d’horticulture, confiant dans l’effet sur la fidélité des acheteurs.

Soutien gouvernemental et nouvelles incitations

Clôturant la foire, la ministre de l’Économie forestière, Rosalie Matondo, a loué « la résilience des mains vertes qui gardent foi en la forêt ». Elle a annoncé la présence des horticulteurs à la grande foire agricole de février 2026 et la création de prix de mérite afin de valoriser l’innovation et la rigueur sanitaire.

Impact & solutions

Chaque plant vendu porte une promesse de stockage de carbone et de sécurité alimentaire. Pour convertir l’essai, les organisateurs préparent des ateliers post-foire sur la conduite des vergers, le compostage et l’accès aux paiements pour services environnementaux, leviers clés d’un reboisement rentable et durable.

À savoir

Le Programme national d’afforestation encourage désormais l’enregistrement des pépinières afin de garantir traçabilité génétique et qualité phytosanitaire. Cette formalisation ouvre la porte aux subventions et facilite les partenariats avec les municipalités en charge des espaces verts scolaires et hospitaliers.

Comment y aller

L’édition 2026 retrouvera son esplanade habituelle du Stade Massamba-Débat. Les bus urbains desservent le site toutes les quinze minutes depuis la gare centrale. L’entrée reste gratuite; les ventes se règlent en franc CFA ou mobile-money, pratique qui a séduit 40 % des acheteurs cette année.

Vers une culture du plant responsable

En attendant, horticulteurs et visiteurs s’accordent sur un impératif : planter n’est qu’un début. Arrosage, paillage et suivi technique doivent prolonger la foire dans les quartiers. Si la qualité s’améliore, les chiffres de vente devraient logiquement rejoindre l’enthousiasme, et le Congo gagnerait quelques hectares de forêt citoyenne.

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