Brazzaville lance un projet pour protéger les forêts
Brazzaville a accueilli, le 27 janvier, le lancement officiel d’un projet qui place le droit au cœur de la lutte contre l’exploitation illégale et non durable des ressources forestières en République du Congo. L’annonce a été faite lors d’un atelier réunissant institutions, société civile et partenaires techniques.
La loi comme levier contre l’exploitation illégale
Intitulé « Utiliser la loi pour lutter contre l’exploitation illégale et non durable des ressources forestières et promouvoir une gouvernance plus équitable des forêts et des terres en République du Congo », le projet vise à soutenir des réformes jugées inclusives, légitimes et durables des mécanismes de gouvernance forestière.
Dans le vocabulaire du terrain, l’ambition est claire : rendre les textes plus efficaces, mieux appliqués, et mieux compris par ceux qui vivent au contact des forêts. Le projet met ainsi en avant l’idée d’une gouvernance où la règle de droit devient un outil de protection et de partage équitable.
Un financement de 400 000 livres sterling, des objectifs précis
Le projet est doté de 400 000 livres sterling, soit environ 302 333 080 francs CFA. Selon les informations communiquées lors du lancement, ce financement doit soutenir plusieurs priorités : renforcer la gestion durable des forêts, consolider l’État de droit en matière environnementale et foncière, et améliorer l’application des textes juridiques.
Le bénéfice attendu est présenté comme concret pour les communautés locales et les peuples autochtones, souvent directement concernés par l’usage des terres, l’accès aux ressources et les effets des activités illégales. La recherche d’une meilleure mise en œuvre des règles figure au centre du dispositif.
Un consortium d’ONG et des partenaires internationaux mobilisés
La mise en œuvre est assurée par un consortium réunissant le Forum pour la gouvernance et les droits de l’homme (Fgdh), le Cercle d’appui à la gestion durable des forêts (Cagdf) et l’organisation ClientEarth. Le financement est apporté par le Foreign, Commonwealth & Development Office (Fcdo).
La gestion du projet est confiée à l’organisation Niras. Le calendrier annoncé s’étend d’octobre 2025 à février 2029, sous réserve d’évaluations annuelles. Cette temporalité, plutôt longue, est présentée comme nécessaire pour accompagner des réformes et mesurer leurs effets.
Gouvernance forestière : appel à la responsabilité des acteurs
Lors de l’atelier de lancement, le représentant du directeur général de l’Économie forestière, M. Jean-Raphaël Côme Ngoma Kaya, a appelé les bénéficiaires à la responsabilité et au professionnalisme, dans un contexte où la crédibilité des réformes dépend aussi de la qualité du travail collectif.
« Votre regroupement en concession, et cet appui financier confirment votre capacité à assurer votre droit dans la surveillance de la gouvernance de l’économie forestière et des terres en parfaite collaboration avec les structures de l’État et le secteur privé », a-t-il déclaré, insistant sur l’importance de la coopération.
Genre, communautés locales et peuples autochtones au cœur du projet
Une attention particulière doit être portée à l’intégration de l’approche genre et à la participation effective des communautés locales et des peuples autochtones aux processus de réforme. Dans l’esprit des porteurs, il s’agit d’éviter des réformes uniquement écrites « d’en haut », sans ancrage social.
Selon le président du Fgdh, M. Maixent Fortunin Agnimbat-Emeka, les contributions et préoccupations de l’ensemble des parties prenantes seront prises en compte, avec l’objectif qu’elles alimentent les lois qui seront élaborées. Le projet mise ainsi sur la concertation comme méthode.
ClientEarth et le programme FGMC : une expérience régionale
Le projet s’inscrit dans le cadre du programme Forest Governance, Markets and Climate (Fgmc), dans lequel ClientEarth est partenaire depuis 2012. D’après les informations partagées, des programmes similaires sont également mis en œuvre dans quatre autres pays africains : la Côte d’Ivoire, le Gabon, le Ghana et le Libéria.
Cette dimension comparative est présentée comme un moyen de capitaliser des approches déjà testées ailleurs, tout en adaptant les méthodes au contexte congolais. Au fil de l’exécution, les évaluations annuelles devraient préciser ce qui fonctionne le mieux sur le terrain.
Un pari sur le droit pour des forêts mieux gérées
À Brazzaville, le lancement a posé une promesse : faire du droit un moteur de gestion durable, et non un simple décor. Si la lutte contre l’illégal reste complexe, l’initiative parie sur des règles mieux appliquées et sur une gouvernance plus équitable des forêts et des terres.
En filigrane, le message est aussi celui d’un travail partagé entre structures de l’État, société civile, partenaires techniques et secteur privé. Une coopération suivie, jusqu’en 2029, pourrait renforcer la protection des forêts et la place des communautés dans les décisions.





