Dans les forêts du bassin du Congo, l’éléphant paie un lourd tribut au commerce de l’ivoire. En République du Congo, la justice s’apprête à examiner deux affaires distinctes. Quatre hommes, présentés comme des délinquants fauniques, connaîtront bientôt leur sort à Dolisie puis à Djambala.
Le terme peut sembler technique, mais il recouvre une réalité brutale : le prélèvement illégal d’animaux protégés. Ivoire, trophées, armes de guerre, les deux dossiers réunis à Dolisie et Djambala dessinent la carte d’un fléau qui traverse le pays.
Deux procès attendus à quelques jours d’intervalle
Le calendrier judiciaire est posé. Le Tribunal de Grande Instance de Dolisie, dans le Niari, rendra son verdict le 17 juillet 2026. Cinq jours plus tard, celui de Djambala, sur les Plateaux, examinera à son tour une affaire de braconnage (lesechos-congobrazza.com).
Deux départements, deux tribunaux, une même infraction. Le Niari, au sud-ouest, et les Plateaux, au centre, illustrent l’étendue géographique de la pression exercée sur la faune sauvage congolaise. Aucune région ne semble réellement épargnée.
À quelques jours d’écart, ces deux rendez-vous judiciaires placent la protection de la faune au premier plan de l’actualité congolaise. Ils rappellent que la lutte contre le braconnage ne se joue pas seulement en forêt, mais aussi devant les juges.
Dolisie : deux pointes d’ivoire au banc des accusés
À Dolisie, un seul homme comparaît. Interpellé le 26 juin 2026, il lui est reproché « la détention, circulation et tentative de commercialisation de deux pointes d’ivoire ». Les trophées proviendraient des forêts du village 109, dans le district de Moutamba.
L’accusé aurait reconnu les faits lors de l’audience du 3 juillet. Son interpellation résulte d’un travail conjoint entre la gendarmerie du Niari et la Direction départementale de l’Économie forestière, deux acteurs en première ligne face au pillage de la faune.
Djambala : l’ombre des éléphants abattus
L’affaire des Plateaux pèse plus lourd. Trois présumés braconniers, arrêtés les 23 et 24 mai 2026 à Lékana et à Ngo, devront répondre de « l’abattage d’éléphants, détention et circulation des trophées d’une espèce animale intégralement protégée ».
Au moment de leur arrestation, les suspects détenaient des armes de guerre, des munitions et plus de trente et un kilogrammes d’ivoire. Un tel arsenal en dit long sur l’organisation du braconnage qui vise les pachydermes du pays.
Derrière chaque pointe d’ivoire saisie se cache un éléphant abattu, souvent au prix d’une violence armée. Les trente et un kilogrammes retrouvés à Djambala, additionnés aux deux défenses de Dolisie, en donnent une mesure concrète et douloureuse.
Ce que prévoit la loi congolaise
Le cadre légal ne laisse guère de place au doute. L’article 27 de la loi congolaise interdit strictement l’importation et la détention d’espèces protégées. Les contrevenants encourent deux à cinq ans d’emprisonnement et une amende pouvant atteindre cinq millions de francs CFA.
Ces sanctions, si elles sont prononcées, visent à décourager les candidats au trafic. Entre la prison et l’amende, le message adressé aux réseaux se veut dissuasif. Reste à savoir si les tribunaux de Dolisie et de Djambala iront au bout de cette fermeté.
Une coopération de terrain contre la criminalité faunique
Ces interpellations traduisent une coopération entre forces de l’ordre et administration forestière. À Dolisie, la gendarmerie et les agents de l’Économie forestière ont agi de concert. Sur le terrain, l’arrestation demeure le premier maillon d’une chaîne répressive appelée à se renforcer.
Un signal fort pour la biodiversité du bassin
Au-delà des peines encourues, ces procès portent une valeur d’exemple. L’éléphant, classé espèce intégralement protégée, reste une cible convoitée pour ses défenses. Chaque saisie d’ivoire rappelle qu’un animal a disparu d’écosystèmes déjà fragilisés.
En confiant ces dossiers à ses tribunaux, la République du Congo rappelle que la criminalité faunique relève de la salle d’audience. Une réponse judiciaire qui prolonge, sur le terrain du droit, le combat pour la sauvegarde de la faune sauvage.
Les 17 et 22 juillet, les verdicts diront si la dissuasion l’emporte. Pour les forêts du Congo et leurs géants aux longues défenses, l’issue de ces audiences dépasse largement le simple fait divers judiciaire.

