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Dans les forêts des Plateaux, la traque de l’ivoire vient de connaître un tournant judiciaire. À Djambala, trois hommes ont été condamnés à la prison ferme pour l’abattage d’éléphants et un trafic d’armes de guerre.

Un verdict ferme au cœur des Plateaux

Le Tribunal de grande instance de Djambala, dans le département des Plateaux, a rendu son verdict le 22 juillet. Trois braconniers y répondaient de faits graves : abattage d’animaux intégralement protégés et détention illégale d’armes et de munitions de guerre.

Justin Moko Péa, surnommé « Colonel », a écopé de trois ans d’emprisonnement ferme. Ses deux coaccusés, Ghislain Akouala Maloba et Enoch Ikombo, ont reçu deux ans de prison, retenus pour complicité selon l’Agence congolaise d’information (aci.cg).

Au-delà des peines de prison, les trois condamnés devront chacun régler une amende de 150 000 FCFA. Ils verseront également, solidairement, cinq millions de FCFA de dommages et intérêts à l’État congolais, lésé par ce pillage de sa faune.

Après une première comparution, le dossier avait été mis en délibéré avant que la juridiction ne tranche. Entre l’audience du 8 juillet et le verdict du 22, le tribunal a pesé la gravité de faits touchant à la fois à la faune et à la sécurité (journaldebrazza.com).

31 kilos d’ivoire et une arme de guerre saisis

Le butin retrouvé lors des arrestations dessine l’ampleur du trafic. Les enquêteurs ont mis la main sur huit pointes d’ivoire, d’un poids supérieur à trente et un kilogrammes, vestiges d’éléphants abattus dans la région.

À ces trophées s’ajoutait un arsenal préoccupant : une arme de guerre, des munitions militaires et divers objets liés à l’activité de braconnage. Un attirail qui trahit un savoir-faire bien éloigné du simple chasseur isolé (adiac-congo.com).

Trente et un kilos d’ivoire, c’est plusieurs éléphants sacrifiés pour un marché noir tenace. Dans le bassin du Congo, ces géants restent la cible d’un braconnage qui fragilise des populations déjà éprouvées par la perte de leur habitat.

Des éléphants traqués dans les forêts de Lékana

Les faits se sont noués dans les districts de Lékana et de Ngo, au cœur d’un massif forestier encore riche en grands mammifères. C’est là que les pachydermes, espèce intégralement protégée au Congo, auraient été traqués pour leurs défenses.

Interpellés par la gendarmerie des Plateaux à la fin du mois de mai, les suspects ont été déférés au parquet le 2 juin. Placés sous mandat de dépôt, ils ont reconnu les faits qui leur étaient reprochés lors de l’audience du 8 juillet.

Selon les premiers éléments, les mis en cause seraient originaires de Gamboma et de Mossaka, deux localités du nord du pays. Un ancrage qui illustre la mobilité de ces filières, capables de rayonner loin de leurs bases pour écouler l’ivoire (adiac-congo.com).

Le PALF en appui à l’économie forestière

L’affaire n’aurait sans doute pas connu la même issue sans un accompagnement de terrain. La Direction départementale de l’Économie forestière des Plateaux a suivi le dossier pas à pas, de l’enquête jusqu’au prononcé du jugement.

Elle s’est appuyée sur le Projet d’appui à l’application de la loi sur la faune sauvage, le PALF, dont l’assistance technique nourrit régulièrement les procédures visant le braconnage et le commerce illicite d’espèces menacées.

Un réseau de trafiquants encore traqué

Le verdict de Djambala ne referme pas totalement le dossier. Plusieurs complices présumés demeureraient en cavale, et les investigations se poursuivent pour démanteler l’ensemble du réseau de braconniers et de trafiquants de produits de faune.

Pour les forêts du bassin du Congo, chaque éléphant compte. Cette condamnation ferme envoie un signal clair : le trafic d’ivoire, longtemps perçu comme peu risqué, expose désormais ses auteurs à de véritables années de prison.

En scellant ces peines, la justice congolaise rappelle que la protection des éléphants n’est pas qu’une affaire d’écologie. Elle engage aussi l’autorité de l’État, décidé à faire payer le prix fort à ceux qui vident ses forêts de leur vie sauvage.

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