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Un pari académique pour l’énergie durable

Sous le soleil équatorial, le Congo-Brazzaville s’appuie sur ses rivières, ses alizés et sa biomasse pour verdir son avenir énergétique. Le gouvernement encourage la recherche locale afin que chaque kilowatt produit demain soit plus propre et accessible.

Le Centre d’excellence d’Oyo, fondé en 2021 sur les rives de l’Alima, incarne cette ambition. En lançant la deuxième édition de son programme de bourses, il transforme des idées étudiantes en solutions concrètes pour les villages non connectés ou les villes en pleine expansion.

Le Centre d’excellence d’Oyo en action

Le campus rouge-argile déploie des laboratoires de micro-grids, une halle dédiée au solaire thermodynamique et une mini-usine de biogaz. « Notre rôle est de donner aux jeunes chercheurs les moyens de tester à échelle réelle », explique le directeur scientifique, le Dr Luc Mavoungou.

Entre deux salles de classe, des panneaux photovoltaïques servent de terrain d’expérimentation à l’optimisation du rendement sous climat humide. Des start-ups locales viennent valider leurs prototypes, créant un va-et-vient fertile entre recherche académique et créativité entrepreneuriale.

Des bourses taillées pour l’innovation

Trente allocations mensuelles seront attribuées dès janvier 2026. Elles couvrent le logement, un accès illimité aux installations et un encadrement scientifique personnalisé. « Nous voulons libérer les étudiants des soucis matériels pour qu’ils se concentrent sur la qualité de leurs projets », insiste le Dr Mavoungou.

La première cohorte, sélectionnée en 2024, planche déjà sur des batteries à base de fibres végétales et un four solaire pour boulangeries rurales. Les résultats préliminaires laissent entrevoir des économies d’énergie de 40 %.

Parcours de candidature numérique

Les postulants, inscrits en master 2 ou post-master dans les universités publiques, ont jusqu’au 31 octobre pour déposer leur dossier exclusivement en ligne. Le portail officiel détaille les pièces requises : projet de recherche, lettre de motivation, relevés académiques, deux recommandations et l’engagement du superviseur.

Un comité mêlant professeurs, ingénieurs du secteur privé et représentants du ministère de l’Énergie évaluera la pertinence scientifique, l’impact local et la faisabilité technique. Les résultats seront publiés mi-décembre, laissant aux lauréats le temps d’affiner leur protocole avant la rentrée en laboratoire.

Comment y aller

Oyo se situe à quatre heures de route de Brazzaville par la RN2 récemment réhabilitée. Des bus climatisés desservent la ville chaque matin. L’aérodrome d’Ollombo accueille également deux vols hebdomadaires depuis la capitale, pratiques pour le transport de matériel sensible.

À savoir

Le centre propose un service de navette entre le campus et le centre-ville. Les boursiers bénéficient de repas subventionnés à la cantine écologique, alimentée par une ferme aquaponique pilote. Les stagiaires étrangers doivent obtenir un visa recherche auprès du consulat congolais de leur pays.

Impact & solutions

En favorisant la recherche appliquée, le programme contribue aux objectifs climatiques nationaux : réduire de 20 % les émissions liées à l’énergie d’ici 2030. Les prototypes sortis des labos d’Oyo intéressent déjà des collectivités qui envisagent de dupliquer les systèmes hybrides dans les dispensaires isolés.

L’initiative révèle aussi des vocations : 60 % des premiers lauréats sont retournés enseigner dans leur région d’origine, diffusant les connaissances acquises. « Former ici, pour agir ici », résume Chancel Mbemba, ancien boursier, aujourd’hui coordinateur d’un micro-réseau solaire à Mossaka.

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