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Contexte sanitaire à Oyo

Du cœur verdoyant de la Cuvette, Oyo voit s’ériger un incinérateur biomédical de dernière génération et un laboratoire de détection virale. Ce chantier, suivi par le PNUD, conjugue santé publique et protection de l’environnement.

Depuis 2020, l’hôpital général Édith Lucie Bongo Ondimba et l’hôpital Maman Mouebara multiplient les admissions. L’augmentation de gestes chirurgicaux produit chaque jour plusieurs dizaines de kilos de pansements, seringues et fioles contaminés, trop souvent brûlés à l’air libre ou enfouis.

De tels procédés libèrent dioxines et métaux lourds, nuisibles pour la santé et l’atmosphère équatoriale. Les autorités locales ont donc sollicité l’appui technique du Programme des Nations Unies pour le développement afin de moderniser le circuit de gestion des risques biologiques.

“Un système propre de traitement des déchets est un pilier de la prévention sanitaire”, insiste Suze Percy Filippini, Représentante Résidente du PNUD, en sortant du chantier où crépite déjà la future chambre de combustion.

Un incinérateur nouvelle génération

L’équipement, importé de Malaisie, affiche deux foyers successifs capables de monter à 1 200 °C. Cette température garantit la destruction complète des agents pathogènes et réduit les émissions de fumées opaques, grâce à un filtre céramique et une cheminée de quinze mètres.

Une unité de tri précédant la combustion permettra de séparer verre, plastique et métaux recyclables. Les techniciens locaux suivent déjà des formations pratiques, afin de prendre la relève du fabricant et d’assurer un entretien régulier sans dépendre de pièces importées coûteuses.

Un laboratoire face aux menaces virales

À quelques pas, les murs fraîchement carrelés du laboratoire P3 reflètent les néons. Équipé de hottes à flux laminaire, il pourra diagnostiquer fièvres hémorragiques, grippe aviaire ou Covid-19 en moins de six heures, évitant des envois d’échantillons vers Brazzaville ou Kinshasa.

Le personnel biomédical, recruté auprès de l’Institut national de recherche en santé, disposera d’une chaîne du froid alimentée par panneaux solaires. La surveillance précoce promet de réduire la mortalité et de contenir rapidement tout foyer épidémique dans la zone septentrionale.

À savoir

Le projet, chiffré à près d’1,8 million de dollars, provient du Fonds mondial pour l’environnement et d’une contrepartie nationale. Son calendrier prévoit la mise en service des deux infrastructures au début de 2025, après une phase pilote et des tests d’émissions atmosphériques.

Comment y aller

Oyo se situe à 400 kilomètres au nord de Brazzaville, accessible par la RN2 asphaltée ou par vol régulier de l’aéroport Maya-Maya vers la piste d’Ollombo. Les visiteurs doivent prévoir une autorisation préalable pour photographier l’hôpital et suivre les consignes d’hygiène stricte.

Impact & solutions

En brûlant à haute température, l’incinérateur réduit le volume des déchets de 90 % et supprime les vecteurs infectieux. Les cendres, recyclées dans la fabrication de briques, illustrent l’économie circulaire encouragée par le PNUD et prônée dans le Plan national de développement.

Les partenaires étudient déjà la possibilité d’installer un broyeur-stérilisateur mobile dans les dispensaires ruraux, afin que les aiguilles ne parcourent plus des dizaines de kilomètres avant traitement. Cette approche décentralisée complèterait le hub d’Oyo et limiterait la déforestation liée aux feux sauvages.

Des campagnes de sensibilisation sont prévues dans les écoles et marchés d’Oyo pour expliquer la dangerosité des déchets biomédicaux. Un numéro vert, géré par la mairie, recueillera les signalements de dépôts clandestins afin d’y dépêcher une équipe de collecte spécialisée.

Perspectives régionales

Le bassin du Congo compte plus d’un millier de formations sanitaires, dont seules 15 % disposent d’unités conformes de traitement des risques biologiques. L’expérience d’Oyo pourrait servir de modèle reproductible, exportant compétences et bonnes pratiques vers Ouesso, Dolisie ou Pointe-Noire.

Soutenus par l’Union africaine, les acteurs ambitionnent de créer un réseau de laboratoires sentinelles. Les données épidémiologiques partagées renforceront la diplomatie sanitaire, élément clé de la stabilité et de la prospérité sous-régionales saluées par plusieurs partenaires internationaux.

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