Près de trois décennies après le départ de ses derniers fauves, le parc zoologique et botanique de Brazzaville a retrouvé sa pièce maîtresse. Deux jeunes lions venus d’Afrique du Sud y ont pris leurs quartiers en octobre 2025.

Un couple de lions sud-africains au cœur de Brazzaville

L’établissement avait perdu ses lions il y a vingt-neuf ans. Leur retour referme une longue parenthèse pour ce lieu emblématique de la capitale congolaise, où les familles renouent enfin avec la silhouette du grand félin.

Les nouveaux pensionnaires se nomment Mufasa et Sarabi. Le mâle a quatorze mois, la femelle treize. Tous deux sont arrivés depuis l’Afrique du Sud, terre de réserves animalières réputées pour leurs programmes de gestion de la faune sauvage.

Leur jeunesse n’est pas anodine. En accueillant un couple aussi proche de la maturité, le parc se donne le temps d’observer son adaptation et d’envisager, à terme, une descendance qui ancrerait durablement l’espèce sur le site.

Un enclos sécurisé pensé pour les fauves

Les deux lions évoluent dans un espace de 2 500 mètres carrés, conçu pour conjuguer confort animal et sécurité du public. L’aménagement répond aux exigences que suppose la cohabitation entre des prédateurs et des milliers de curieux.

Le dispositif de protection a été particulièrement soigné. « Ils ont à peu près 18 000 volts de tension sur le câblage intérieur, pour protéger le grillage, qui lui-même aussi est très robuste », précise Chems Roc, concessionnaire du parc.

Cette robustesse a un sens. Elle protège autant les visiteurs que les animaux eux-mêmes, en évitant tout incident qui ternirait l’image d’un projet pensé pour durer. La barrière électrifiée demeure dissuasive sans jamais devenir cruelle.

L’entretien quotidien suppose aussi une intendance rigoureuse. Chaque lion consomme dix kilos de viande par jour, soit une logistique alimentaire conséquente que le parc doit assurer avec régularité pour garantir le bien-être des deux félins.

Quatre mille visiteurs séduits chaque semaine

L’effet sur la fréquentation ne s’est pas fait attendre. Le parc accueille désormais près de quatre mille visiteurs par semaine, attirés par ces nouveaux hôtes. La curiosité populaire a transformé la physionomie du lieu.

Parmi ces visiteurs, les écoliers occupent une place de choix. Pour beaucoup d’enfants, c’est l’occasion d’observer pour la première fois un lion vivant, loin des écrans et des images, dans un cadre où l’animal redevient une présence concrète.

Cet engouement dépasse la simple attraction. Il révèle un appétit local pour la découverte du vivant, un besoin de contact direct avec la nature que les institutions de la capitale peinent parfois à satisfaire faute d’espaces dédiés.

Une ambition éducative et un espoir de naissances

Les responsables du parc ne comptent pas s’arrêter à cette installation. Ils envisagent la naissance de lionceaux, perspective qui permettrait de pérenniser la présence des fauves et de donner corps à un véritable programme animalier.

Une telle reproduction servirait aussi un projet pédagogique. Le parc souhaite renforcer ses activités éducatives destinées aux enfants, en faisant des lions un support d’apprentissage sur le monde animal et sur le respect dû aux espèces sauvages.

Dans une ville où les occasions d’éveil à la faune restent rares, cette ambition mérite d’être saluée. Le retour des lions n’est pas qu’un événement spectaculaire : il esquisse une démarche de sensibilisation patiente, tournée vers les générations futures.

Reste à transformer l’essai dans la durée. Maintenir un tel équipement, nourrir des prédateurs et préparer d’éventuelles naissances exigent des moyens constants. C’est à cette condition que Brazzaville conservera le rugissement retrouvé de son parc.

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