| Politique

Une conférence de presse pour relire le scrutin de mars

Près de deux mois après la présidentielle de mars 2026, la coalition d’opposition Rassemblement des forces du changement (R.f.c) a réuni la presse, le 2 mai 2026, à Brazzaville, pour livrer sa lecture d’un scrutin remporté par le président sortant.

Le vote avait reconduit Denis Sassou-Nguesso pour un cinquième mandat consécutif à la tête de la République du Congo. Face à ce résultat, le R.f.c a choisi de déplacer le regard, non vers le nombre de bulletins exprimés, mais vers celui des absents.

L’abstention présentée comme un message politique

Pour la coalition, l’absence aux urnes ne traduit ni indifférence ni résignation. Son président, Clément Miérassa, a tenu à en faire une parole pleine, audible, presque revendiquée par celles et ceux qui n’ont pas voté ce jour-là.

« Ce message n’est pas une faiblesse, c’est un cri, un refus, une forte déclaration politique. Oui, l’abstention massive est un premier pas vers la victoire finale : le changement », a déclaré Clément Miérassa devant les journalistes réunis.

Dans cette grille de lecture, le silence des isoloirs devient un acte. La coalition y voit l’expression d’une dignité citoyenne et l’amorce d’une transformation politique à venir, plutôt qu’un simple chiffre noyé dans les statistiques officielles.

Cinq voix pour contester la légitimité du scrutin

Cinq dirigeants du R.f.c ont pris la parole, parmi lesquels Jean-Pierre Agnangoye et Jean-Jacques Serge Yhombi Opango. Tous ont mis en cause la légitimité du résultat, désignant Denis Sassou-Nguesso comme un « président de fait ».

Leurs critiques ont aussi visé le parti au pouvoir, le P.c.t, accusé d’avoir « misérablement échoué ». La coalition a opposé à ce bilan sa propre lecture du moment politique, fondée sur la mobilisation des abstentionnistes.

Un appel à la jeunesse et aux travailleurs

Au-delà du constat, le R.f.c a esquissé une stratégie. Il a invité la jeunesse et les travailleurs à entretenir la mobilisation née, selon lui, autour du scrutin, afin de prolonger dans la durée ce qu’il décrit comme un élan de refus.

La coalition a également pointé ce qu’elle considère comme la complaisance de certains acteurs politiques. Sans les nommer précisément, ses dirigeants ont laissé entendre que ce positionnement affaiblissait la portée d’une contestation qu’ils veulent collective.

Une porte entrouverte au dialogue

Malgré la fermeté du propos, le R.f.c n’a pas refermé toute perspective d’échange. Ses représentants ont affirmé rester ouverts au dialogue, à une condition explicite : « si les conditions le permettent », ont-ils précisé lors de cette rencontre.

Cette nuance résume la posture affichée par la coalition au sortir de la présidentielle. Entre dénonciation d’un résultat jugé illégitime et disponibilité conditionnelle à la discussion, le R.f.c entend inscrire l’abstention au cœur du débat politique congolais.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

↑