Un souffle d’espoir le long de la RN1
Sous un soleil blafard, le car scolaire soulève la poussière rouge de la Route nationale 1. Tout près, des écoliers observent l’imposante foreuse qui s’enfonce lentement dans le sol de Boulankio. Ici, l’eau potable promet de transformer chaque récréation.
Forage d’eau potable à Boulankio
La Congolaise des Routes, concessionnaire de la RN1, a lancé un forage profond d’environ deux cent mètres pour capter une nappe souterraine réputée saine. Jacques Almaless, directeur général adjoint, explique que des études hydrogéologiques ont validé la viabilité de l’ouvrage malgré la profondeur inhabituelle.
Un château d’eau viendra coiffer la structure afin de garantir une pression régulière sur les robinets de l’école. Les premiers jets clairs sont attendus dans six semaines, juste après l’installation des pompes et des systèmes de chloration.
Du robinet à la salle de classe
Actuellement, élèves et enseignants parcourent plusieurs kilomètres pour remplir des bidons au ruisseau voisin. Avec le forage, l’école pourra enfin se consacrer pleinement aux cours de sciences ou de lecture au lieu d’organiser des corvées d’eau quotidiennes.
Le chef du village, Jean Claude Pombi, voit dans ce puits moderne un soulagement à la fois sanitaire et économique. « Nous gaspillons moins d’heures et moins de médicaments quand l’eau est sûre », confie-t-il, sourire aux lèvres.
Route scolaire sûre vers Ngatoko
À soixante kilomètres de Brazzaville, l’école de Ngatoko bénéficie d’une route fraîchement profilée sur quatre cents mètres. Avant les travaux, la piste se transformait en bourbier, isolant élèves et fournitures dès la première pluie.
Le compactage de la latérite et la création de fossés d’évacuation permettent désormais au transport scolaire et aux vendeuses de légumes d’atteindre l’école en moins de dix minutes, quel que soit le temps.
Des toits et des classes rénovés
Outre la voie, LCR a remplacé la toiture rongée par la rouille, repeint deux salles et remis en état les blocs sanitaires. Fidèle Mayela, directeur de l’établissement, raconte qu’une averse suffisait autrefois à interrompre les leçons par crainte d’effondrement.
« Grâce à ces améliorations, les enfants entendent la pluie sans craindre de la recevoir sur la tête », plaisante-t-il, tandis que des élèves testent déjà les nouveaux bancs vernis.
Éducation et sécurité routière
Profitant de la présence de cadres techniques, LCR a animé plusieurs séances sur le port du gilet fluorescent et la lecture des panneaux de limitation. Les enfants, carnet de dessin à la main, ont reproduit les pictogrammes de passage piéton pour mieux les mémoriser.
Jacques Almaless rappelle que la RN1 transporte un trafic dense de camions et que la prudence s’acquiert tôt : « Un enfant conscient des risques devient un adulte respectueux du code de la route ».
Kits scolaires: un coup de pouce décisif
Cent quatre-vingt-quinze élèves des deux écoles ont reçu, en marge des travaux, sacs, cahiers et stylos neufs. Pour Princilia Kinkela, en classe de CE2, ces fournitures sont synonymes de meilleures notes. « J’écrirai plus net, je ne perdrai plus de temps à chercher une feuille », dit-elle.
Responsabilité sociétale de LCR
Ces actions s’inscrivent dans la stratégie RSE de LCR, axée sur la cohabitation harmonieuse entre infrastructure routière et communautés riveraines. Depuis 2024, l’entreprise finance également des campagnes de reboisement et l’embellissement de cours d’écoles adjacentes.
L’objectif officiel est clair : faciliter la circulation tout en améliorant la qualité de vie des habitants, prélude à un développement local durable.
Voix des élèves et des parents
Sous un manguier, Gerdon Nguié mesure le changement : avec l’eau au robinet, il se lave les mains avant de toucher les cahiers. La mère de l’écolier ajoute qu’elle dépense moins en savon, l’eau n’étant plus brunâtre.
Les parents de Ngatoko saluent aussi la route restaurée : le prix du transport a baissé, les chauffeurs n’ayant plus à contourner les ornières. « Une économie qui reste dans les assiettes des enfants », observe une commerçante.
Comment y aller
Depuis Brazzaville, rejoindre Boulankio ou Ngatoko nécessite une heure à une heure trente de voiture par la RN1. Le tronçon est majoritairement bitumé et jalonné de stations-service. La piste interne menant aux écoles est désormais praticable même en saison des pluies.
À savoir
Les visites scolaires sont autorisées, sous réserve d’informer les directions au moins quarante-huit heures à l’avance. Il est conseillé d’apporter sa gourde ; l’eau du forage sera testée par le service sanitaire avant ouverture officielle. Le port du gilet réfléchissant reste obligatoire pour tout piéton sur la RN1.
Impact & solutions
Le forage réduira la pression sur les sources de surface, souvent surexploitées et vulnérables aux pollutions. L’accès routier fiable limite les déperditions scolaires et encourage la vente de produits locaux, moteur d’une micro-économie villageoise.
À moyen terme, LCR envisage un jardin pédagogique arrosé par l’eau du château afin d’enseigner l’agro-écologie et la nutrition, prolongeant ainsi les bienfaits du projet initial.





