Brazzaville se penche sur la protection aquatique
Une salle lumineuse de la télévision nationale réunit, ce 6 décembre, rédactions privées et publiques. Au pupitre, Albin Blair Essanotae insiste : la survie des fleuves et des lagunes dépend de la manière dont on en parle.
L’administrateur rappelle que l’eau couvre plus de la moitié du territoire congolais. Pourtant, la surpêche, l’érosion et la pollution gagnent du terrain. Face à ces menaces, les médias doivent passer du constat à l’action, martèle-t-il.
La vision présidentielle pour l’économie bleue
Le représentant du directeur général salue la stratégie du président Denis Sassou Nguesso, qui voit dans l’économie bleue un pilier du développement inclusif. Pêcher, transporter, produire de l’énergie ou du tourisme sans nuire aux écosystèmes : tel est l’objectif.
Selon Essanotae, parler d’économie bleue, « c’est raconter un futur où le fleuve Congo nourrit, éclaire et transporte, sans perdre sa biodiversité ». Le public approuve, conscient que la stabilité alimentaire et la croissance locale en dépendent.
Le rôle clé des journalistes congolais
Les formateurs rappellent que chaque reportage peut modifier un comportement. Un pêcheur qui trie ses filets, une famille qui réduit le plastique, une mairie qui traite ses eaux usées : autant d’histoires que la radio ou la télévision peut populariser.
« Vous êtes bâtisseurs de conscience citoyenne », répète Essanotae. Le mot d’ordre est clair : vérifier, expliquer, illustrer. Les animateurs encouragent les studios à intégrer une rubrique hebdomadaire dédiée aux initiatives aquatiques durables.
Former pour transformer l’information
Pitsou Lebala Issendet Abondo, président de la Faebco, regrette que le terme économie bleue reste abstrait pour de nombreux Congolais. « Nos grands-pères vivaient déjà de ces activités, seule la démarche durable est nouvelle », souligne-t-il.
Durant deux jours, les journalistes manipulent cartes, données et exemples concrets. Des groupes rédigent de courts formats télé, d’autres conçoivent des podcasts. Chaque participant repart avec une attestation, mais surtout un angle de reportage prêt à l’emploi.
À savoir
L’économie bleue englobe pêche, aquaculture, transport fluvial, biotechnologies, énergie marémotrice et écotourisme. Elle repose sur des pratiques sobres en carbone, la restauration des mangroves et le respect des saisons de reproduction.
Au Congo, le ministère de l’Économie bleue élabore un plan de zonage des usages. Les médias disposent donc de sources institutionnelles fiables pour enrichir leurs enquêtes.
Impact & solutions
Des radios communautaires testent déjà des capsules en langues locales pour expliquer la taille minimale des poissons à capturer. Les retours des pêcheurs de Youlou ouvrent la voie à une généralisation.
À Pointe-Noire, une web-télé partenaire de la Faebco suit l’installation de glaciaires solaires sur les pirogues. Les premières images montrent une réduction notable du gaspillage et une hausse du revenu journalier.
Comment y aller
Les rédactions intéressées peuvent contacter la Faebco à Brazzaville pour accéder aux modules de formation mis à jour. Les sessions, gratuites, se tiennent chaque trimestre dans les locaux du Centre de documentation de la télévision nationale.
Vers une information porteuse d’avenir
En clôture, Essanotae remet les certificats sous les applaudissements. « Le fleuve n’a pas de voix, confions-lui la nôtre », dit-il. Les caméras se rangent, mais l’engagement demeure : raconter l’eau autrement, pour que la biodiversité inspire à la fois économie et citoyenneté.





