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Mobilisation citoyenne pour un code vivant

Le 9 décembre, une trentaine d’organisations congolaises se sont retrouvées à Brazzaville pour une séance de travail intense sur le Code forestier adopté en 2020.

L’Observatoire congolais des droits de l’homme, la Plateforme pour la gestion durable des forêts, le REFADD et le RENAPAC ont scellé une alliance afin de porter une voix commune dans le Groupe de travail multi-acteurs.

« L’identification collective des textes prioritaires est indispensable pour renforcer la transparence et la redevabilité », martèle Cynthia Nina Kiyindou-Yombo, directrice exécutive de l’OCDH, saluant la présence équitable de la société civile, du secteur privé et de l’administration.

Textes clés encore manquants

Quatre ans après la promulgation du Code, plus d’une vingtaine de décrets restent attendus, retardant la modernisation de la gestion forestière et l’accès aux marchés responsables.

Jim Djontua, représentant de l’Institut européen des forêts, juge la situation critique : « Sans textes d’application, les meilleures lois demeurent des coquilles vides. Notre défi est de transformer l’intention en réalité de terrain. »

Les organisations insistent particulièrement sur les dispositions consacrées aux droits d’usage, à la participation communautaire et au contrôle indépendant, piliers jugés stratégiques pour le climat et la biodiversité.

Femmes, communautés autochtones et équité

Au sein des forêts du Nord Congo, les femmes assurent jusqu’à 80 % de la collecte vivrière, tandis que les peuples autochtones dépendent quasi exclusivement des ressources naturelles pour leur culture.

REFADD et RENAPAC défendent l’idée que les futurs décrets prévoient des quotas de représentants féminins et autochtones dans les comités locaux de gestion, une première dans la sous-région.

Une étude préparatoire montre que la reconnaissance formelle des clans autochtones pourrait réduire de 30 % les conflits d’usage, tout en améliorant la traçabilité du bois.

Une méthode de travail partagée

Le Cabinet Terea a remis des projets de textes à commenter, présentés article par article durant l’atelier. Les participants ont retenu un calendrier serré de consultations provinciales pour janvier et février.

« La concertation permanente est le meilleur garant d’une appropriation durable », estime Guy Saturnin Tseta, conseiller juridique au ministère de l’Économie forestière, convaincu que l’expérience pourra servir de modèle à d’autres secteurs.

Le Groupe de travail multi-acteurs prévoit de publier un tableau de bord indiquant l’état d’avancement de chaque décret afin de rendre compte au public.

Comment y aller

Situé à 15 minutes de l’aéroport international Maya-Maya, le Centre national de formation forestière accueille la majorité des réunions. Des taxis officiels et des applications de réservation desservent le site pour moins de 3 000 F CFA.

Les visiteurs peuvent loger dans les quartiers de Bacongo ou Poto-Poto, où les hôtels proposent des tarifs oscillant entre 30 000 et 60 000 F CFA la nuit, petit déjeuner inclus.

À savoir

Le projet est financé à hauteur de 60 000 euros par le Foreign, Commonwealth & Development Office, dans le cadre de la phase 2 du programme Forêt, gouvernance, marché et climat.

Il s’inscrit aussi dans l’Accord de partenariat volontaire APV-FLEGT conclu entre le Congo et l’Union européenne, documenté dans l’annexe IX consacrée aux mesures législatives.

Impact & solutions

L’atelier a débouché sur un plan d’action en dix points, dont la formation d’observateurs indépendants, la constitution d’un fonds de micro-projets communautaires et la mise en réseau des journalistes environnementaux.

À terme, les promoteurs espèrent réduire de 40 % les coupes illégales dans les concessions concernées et augmenter l’emploi local grâce à la transformation du bois sur place.

Perspectives durables

La prochaine étape sera la validation officielle des textes prioritaires par le ministère, attendue au premier trimestre, avant leur soumission au Conseil des ministres.

Dans les couloirs du Centre, un animateur glisse : « Pour une fois, tout le monde rame dans le même sens. Si la dynamique se maintient, notre forêt deviendra un laboratoire d’innovation pour l’Afrique centrale. »

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