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Le CSI de Kibina : une eau enfin à portée

Le 25 novembre 2025, dans l’enceinte verdoyante du Centre de santé intégré (CSI) de Kibina, l’administrateur maire de Madibou, Alain Milandou, a coupé un ruban que voisins et soignants attendaient depuis des années : un forage d’eau potable flambant neuf.

Installé au cœur du quartier sud de Brazzaville, le point d’eau met fin aux corvées interminables vers les puits ou les marigots. Pour beaucoup de familles, chaque goutte sortie du robinet symbolise désormais un temps et une énergie gagnés.

Un forage profond, pensé pour durer

Profond de 57,5 mètres, l’ouvrage s’enfonce dans une nappe protégée des pollutions superficielles. Sa pompe immergée de 120 m³ par heure alimente un château de 5 000 litres, un volume pensé pour absorber les pics de fréquentation matinale.

Les techniciens de la fondation Burotop Iris ont terminé le chantier en un peu plus d’un mois, du 9 août au 15 septembre 2025, malgré les pluies précoces. « Notre méthode privilégie des matériaux durables pour limiter la maintenance », souligne Romaine Gangoyi, responsable des opérations.

Énergie hybride, sobriété assurée

Le forage carbure d’abord au soleil. Trois panneaux orientés plein nord chargent des batteries capables de couvrir l’essentiel des besoins journaliers. Si l’ensoleillement flanche, un discret branchement au réseau public prend le relais, garantissant une distribution continue.

Ce choix hybride réduit la facture énergétique du CSI et limite les émissions de carbone. « Nous voulons prouver qu’une petite infrastructure rurale peut conjuguer santé et transition écologique », explique la responsable, enthousiaste devant les lampes témoins alimentées gratuitement.

La science au service de la potabilité

Avant d’ouvrir la vanne au public, des prélèvements ont été confiés au laboratoire central de la Congolaise des eaux. Les analyses physico-chimiques et microbiologiques confirment une eau neutre, pauvre en nitrates et exempte de coliformes, conforme aux normes nationales.

Les bulletins sont affichés sous verre dans le hall du centre, invitation permanente à la transparence. Les infirmières y voient aussi un outil pédagogique : chaque visiteur repart avec un rappel simple, boire propre, c’est prévenir diarrhées, typhoïdes et choléra.

Santé publique et dignité retrouvée

Depuis la mise en service, la file d’attente à la pompe se confond avec celle de la consultation pédiatrique : signe que l’eau saine et le soin vont de pair. Les accoucheuses disposent enfin d’un lavage de main fiable vingt-quatre heures sur vingt-quatre.

« La mortalité néonatale recule déjà grâce à l’asepsie améliorée », affirme la cheffe du CSI, qui a reçu un ordinateur offert par la fondation pour suivre ces indicateurs. Elle observe une baisse des infections cutanées chez les enfants du voisinage.

Témoignages : la parole aux riverains

Au portail, Samba Jean Michel, secrétaire général du quartier, ne cache pas son émotion : « C’est une œuvre utile qui allège nos souffrances ». Son voisin Patrice, jerrican sur l’épaule, calcule qu’il économise deux heures de marche chaque jour.

Mère de cinq enfants, Clémentine évoque surtout le répit financier : auparavant, un bidon acheté aux revendeurs ambulants coûtait jusque 300 francs CFA. « Ici, l’eau est gratuite et responsable », se félicite-t-elle, invitant chacun à fermer le robinet après usage.

Impact & solutions

La fondation Burotop Iris inscrit cette action dans un programme plus vaste d’accès à l’eau, déjà déployé à Dolisie et Oyo. Elle travaille avec les autorités locales pour cartographier les zones défaillantes et mutualiser la maintenance avec des comités d’usagers.

Pour garantir la pérennité, un cahier d’entretien participatif recense les menues réparations et donne la priorité aux fournisseurs locaux de pièces. L’objectif : que la communauté prenne, à terme, la pleine responsabilité de l’ouvrage sans dépendre d’aides extérieures permanentes.

À savoir

Le site est ouvert tous les jours de 6 h à 18 h. Chaque famille est invitée à venir avec des récipients propres, couverts durant le transport pour éviter une recontamination de l’eau. Les animaux sont tenus à l’écart du forage.

Comment y aller

Le quartier Kibina se situe à vingt-cinq minutes du centre-ville de Brazzaville par la route de la Corniche. Les taxis collectifs déposent au carrefour Moukondo ; il suffit ensuite de suivre la voie pavée qui longe le marché jusqu’au CSI.

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