Bambou-Mingali, écrin d’une agriculture en éveil
Du 5 au 20 août 2026, le Parc des Expositions de Bambou-Mingali, à une soixantaine de kilomètres de Brazzaville, accueillera la deuxième Grande Foire agricole du Congo. Seize jours durant, ce site du département du Djoué-Léfini deviendra la vitrine annoncée du génie productif national.
Nichée aux portes de la capitale, la localité offre un décor où la terre cultivée dialogue avec les paysages du plateau. C’est là que le pays a choisi de rassembler ses producteurs, comme pour rappeler que la souveraineté alimentaire se joue d’abord dans les campagnes et leurs sols.
Six cent cinquante exposants pour célébrer les terroirs
Organisée autour de seize pavillons et cinq pôles thématiques, la manifestation réunira environ 650 exposants venus de l’ensemble du territoire. Placée sous le thème « Nourrir la Nation pour honorer la Patrie », elle veut mettre en lumière la diversité des paysages nourriciers congolais.
Derrière l’affluence attendue se dessine une intention : montrer que l’agriculture locale peut répondre aux besoins du pays. La foire se pense comme une plateforme d’échange entre producteurs, investisseurs, transformateurs et consommateurs, réunis autour d’une même table nourricière.
Le pavillon des terroirs, cœur battant de la foire
Près de 300 producteurs, représentant les quinze départements, animeront le pavillon des terroirs. Ils présenteront produits agricoles, fruits de l’élevage et transformations locales. Chaque département disposera d’une journée dédiée, dans une ambiance festive honorant savoir-faire, cultures et richesses régionales.
Ce carrousel des régions dessine une carte vivante des terroirs. D’un département à l’autre, ce sont des sols, des semences et des gestes hérités qui se donnent à voir, rappelant combien la biodiversité cultivée demeure un patrimoine à préserver.
Souveraineté alimentaire et retour des cultures de rente
Le ministre de l’Agriculture et de l’élevage, Valentin Ngobo, voit dans la foire « un véritable instrument de politique publique au service de la souveraineté alimentaire » (ACI). Chaque matinée, des débats de haut niveau aborderont la réduction de la dépendance alimentaire du pays.
Ces échanges viseront aussi à relancer les cultures de rente historiques — cacao, café, arachide —, à financer les entreprises agricoles et à encourager la mécanisation. La valorisation du « Made in Congo » traversera ces discussions, portée par producteurs et partenaires techniques.
Réveiller le cacao, le café ou l’arachide, c’est renouer avec des filières longtemps délaissées. L’enjeu dépasse l’économie : il touche à la façon d’occuper les terres, d’entretenir les vergers et de fixer durablement les populations dans les zones rurales.
Former une jeunesse enracinée dans la terre
Une Académie de l’Entrepreneuriat Agricole, conçue avec le Projet Agriculture Jeune et Entreprenariat, proposera quatorze jours de formation aux jeunes de 18 à 40 ans. Adossée aux outils de la FAO, elle veut ancrer cette génération dans des pratiques productives et responsables.
Miser sur la jeunesse, c’est parier sur la relève des campagnes. En donnant aux 18-40 ans des repères entrepreneuriaux, l’événement esquisse une agriculture où les savoirs techniques rejoignent l’attachement au sol et le goût du travail bien fait.
Une foire pensée pour un développement rural durable
Annoncée par le président Denis Sassou Nguesso à Allembé, puis confirmée en conseil des ministres, la manifestation entend nourrir partenariats, emplois ruraux et consommation locale. Elle positionne l’agriculture comme un moteur de croissance économique durable pour le pays.
Pour ouvrir largement l’événement, vingt-cinq lignes de navettes desserviront le site pendant toute sa durée. Le gouvernement invite producteurs, entrepreneurs, partenaires financiers, presse et citoyens à converger vers Bambou-Mingali, où les terroirs congolais raconteront leur promesse nourricière.





