Sur les rives du grand fleuve qui relie Brazzaville à toute l’Afrique centrale, la diplomatie continue de tisser des liens. Un message venu de Kigali vient d’en offrir une nouvelle illustration, à mi-chemin entre courtoisie et stratégie régionale.
Un message de Kigali porté jusqu’à Oyo
Le président rwandais Paul Kagamé a félicité son homologue congolais Denis Sassou-N’Guesso pour sa réélection, au terme du scrutin des 12 et 15 mars. Le geste scelle un moment fort entre les deux capitales.
Ces félicitations ont été remises en main propre par le ministre rwandais de l’Intérieur, Vincent Biruta, en déplacement à Oyo, dans le département de la Cuvette. Le choix de cette ville du nord congolais donne au geste une portée particulière.
Selon l’émissaire, le chef de l’État rwandais a salué le bon déroulement du vote et une victoire qu’il a qualifiée de « sans équivoque ». Il y voit l’occasion de renforcer encore l’amitié et la coopération nouées entre Brazzaville et Kigali.
L’OIF au cœur des tractations africaines
Au-delà des civilités, la visite portait un objectif précis. Paul Kagamé a sollicité le soutien du Congo à la candidature de Louise Mushikiwabo, qui brigue un troisième mandat à la tête de l’Organisation internationale de la francophonie.
Cette ambition s’inscrit, selon le message rwandais, dans une volonté de continuité. Il s’agirait de « consolider les acquis des réformes engagées afin de les approfondir », pour faire de l’institution « un partenaire pertinent, crédible et respecté sur la scène internationale ».
La francophonie reste un espace d’influence majeur pour les pays du bassin du Congo, où la langue française accompagne échanges, cultures et coopérations transfrontalières. Le soutien congolais y pèse d’un poids réel.
Vers le rendez-vous de Phnom Penh
La décision se jouera loin des forêts équatoriales. L’élection du futur secrétaire général de l’Organisation internationale de la francophonie aura lieu lors du sommet prévu en novembre prochain à Phnom Penh, au Cambodge.
D’ici là, chaque appui compte. La démarche rwandaise auprès de Brazzaville illustre la manière dont les capitales d’Afrique centrale conjuguent voisinage, mémoire commune et ambitions partagées sur la scène internationale francophone.
Ce ballet diplomatique rappelle aussi combien le Congo-Brazzaville, carrefour du grand fleuve et des cultures régionales, demeure un interlocuteur recherché. Une géographie d’échanges qui, ici, se prolonge bien au-delà de ses rives.





