Une soif longue de trente ans
À dix-sept kilomètres de Brazzaville, Kibina vivait au rythme des seaux et des corvées d’eau. Chaque saison sèche vidait les puits sommaires, renvoyant les mères vers un marigot boueux, vecteur de diarrhées et de fièvres infantiles.
Le jour où l’eau a jailli
Le 25 novembre, un robinet a sifflé sous un soleil déjà haut. La Fondation Burotop Iris inaugurait un forage moderne de 57,5 mètres, doté d’une pompe immergée de 120 m³ et d’une cuve de 5 000 litres. La liesse populaire a salué la fin d’une attente interminable.
Une technologie hybride et verte
Le système carbure d’abord à l’énergie solaire grâce à un champ de panneaux dernier cri. Lorsque les nuages persistent, l’alimentation électrique du réseau public prend le relais. Cette double source sécurise le débit tout en réduisant l’empreinte carbone, un atout rare pour un quartier périphérique.
La voix des bénéficiaires
Madeleine Mbemba, maman de trois enfants, sourit librement : « Nous marchions deux kilomètres pour de l’eau douteuse. Aujourd’hui, mes filles peuvent aller à l’école plutôt qu’au marigot. » Son témoignage rejoint celui de dizaines de foyers soulagés.
Soulagement sanitaire immédiat
Le Centre de santé intégré, unique structure médicale locale, utilisait jadis une eau achetée ou quémandée. La sage-femme Marie-Thérèse Kivouvou l’avoue : « Nous dépensions trop et mettions nos patients en danger. Avec cette eau contrôlée, nos soins post-partum gagnent enfin en sécurité. »
Des analyses sans équivoque
Le Laboratoire central de la Congolaise des eaux a mené des tests physico-chimiques et biologiques. Résultat : potabilité certifiée. Pour Romaine Gangoyi, responsable des opérations de la fondation, « voir les mères remplir leurs bidons prouve que notre mission sociale est concrète ».
D’autres urgences en attente
Malgré cette victoire, l’ambulance promise au centre tarde. Les urgences obstétricales restent un cauchemar sur une route cabossée reliant Madibou. La directrice du CSI rappelle toutefois que « l’arrivée de l’eau est un premier pas décisif qui donne espoir pour le reste ».
Impact & solutions
En diminuant la corvée, le forage libère du temps pour l’école et les petits commerces. L’incidence des maladies hydriques devrait chuter, selon le personnel de santé. La Plateforme pour le développement de Madibou plaide déjà auprès de bailleurs pour étendre ce modèle hybride à d’autres quartiers.
À savoir
Initié en août et livré mi-septembre, le chantier a respecté un calendrier serré, preuve qu’une collaboration étroite entre fondation, autorités locales et communauté accélère les projets. L’entretien sera assuré par un comité de quartier formé par des techniciens de la Congolaise des eaux.
Comment y aller
Depuis le centre-ville de Brazzaville, prendre la route nationale 1 puis la bretelle de Madibou. Les taxis-bus desservent le terminus 810, à dix minutes de marche du centre de santé. La piste peut être boueuse en saison des pluies ; véhicule haut conseillé.





