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Un plan phare pour 200 localités

Réunis à Brazzaville le 1er décembre, le ministère de l’Énergie et de l’Hydraulique et le Pnud ont déroulé devant chefs d’entreprise et banquiers un projet jugé prioritaire : porter l’électricité moderne jusque dans 200 bourgs et villages du Congo.

Baptisé Programme d’électrification des zones rurales, ou Pzor, ce plan figure dans le Plan national de développement 2022-2026 et promet un mix d’infrastructures solaires et hydroélectriques pour réduire la pauvreté énergétique qui touche encore quatre habitants sur dix.

Le rôle clé du secteur privé

Le ministre Émile Ouosso a salué « un allié indispensable » en parlant du secteur privé, rappelant son expertise, son agilité et sa capacité à lever des capitaux longtemps hors de portée des budgets publics.

Dans la salle, industriels du bois, miniers et fournisseurs d’accès internet ont interrogé l’équipe projet sur les retours d’investissement attendus, avant de signer une déclaration d’intention pour explorer ensemble les schémas de concession proposés par l’État.

Un cadre légal qui se précise

La loi 14-2003, qui a ouvert le marché de l’électricité à tous les investisseurs, sert de socle réglementaire. Le ministère prévoit d’y ajouter des décrets d’application dédiés aux énergies renouvelables et aux micro-réseaux pour sécuriser les futures joint-ventures.

Michel Djombo, président d’Unicongo, a demandé que les entreprises locales soient associées dès la planification afin de mieux calibrer les appels d’offres et de garantir que la valeur ajoutée reste majoritairement dans les territoires concernés.

Le solaire en figure de proue

La représentante résidente du Pnud, Adama Dian-Barry, pousse la carte solaire. Elle rappelle que des panneaux photovoltaïques, associés à des batteries lithium-ion, peuvent alimenter une école et un centre de santé pour moins de deux millions de francs CFA par localité.

Selon les projections livrées, chaque kilowatt-heure produit en solaire éviterait 0,8 kilogramme de CO2, soutenant la trajectoire à faible émission inscrite dans la Contribution déterminée au niveau national du Congo.

Mini-barrages, grande ambition

En parallèle, dix-neuf mini-centrales hydrauliques ont déjà atteint le stade des essais grâce au Fonds pour l’environnement mondial et à la Banque africaine de développement, offrant une puissance cumulée de 19 mégawatts.

Leur mise en service acheminera le courant par de nouveaux réseaux moyenne tension jusqu’aux ateliers de menuiserie de Makoua ou aux coopératives de cacao de Mindouli, un signal fort pour la relance économique hors des grands centres urbains.

Financements verts en ligne de mire

Le Pnud entend connecter les porteurs de projet aux plateformes du Green Climate Fund et de l’African Guarantee Fund, capables de couvrir jusqu’à 60 % du risque, ce qui abaisse spectaculairement le coût du capital.

Pour qualifier ces dossiers, un guichet unique sera installé au sein du ministère, avec des experts chargés de monter les business plans et de vérifier la compatibilité des technologies avec les normes IEC.

Les premières signatures de contrats d’achat d’électricité sont attendues avant fin 2024, pour des durées de quinze ans indexées sur l’inflation, une assurance précieuse pour les banques commerciales.

Impact & solutions

À terme, le Pzor ambitionne de tripler le taux d’accès rural à l’électricité et de créer 5 000 emplois locaux dans l’installation, la maintenance et la fabrication d’équipements, tout en limitant l’usage du diesel qui grève le budget des ménages.

Comment y aller

Les réunions de suivi se tiennent au siège du ministère de l’Énergie, boulevard Denis-Sassou-Nguesso à Brazzaville, facilement accessible en taxi depuis l’aéroport Maya-Maya, situé à moins de quinze minutes selon l’état du trafic.

À savoir

Les investisseurs étrangers doivent solliciter un agrément auprès de l’Agence pour la promotion des investissements, délivré sous trente jours ouvrés. Les matériels solaires importés bénéficient d’une exonération de TVA actée par la loi de finances 2023.

Une dynamique régionale

Le Congo veut également interconnecter le futur réseau rural avec la ligne de transport 225 kV du Pool Malebo, ouvrant la voie à des échanges d’énergie avec le Gabon et le Cameroun et renforçant l’intégration électrique de la CEMAC.

Cette mutualisation pourra abaisser les coûts de production de 15 %, d’après une étude conjointe de la Commission de l’Union africaine et de Power Africa, confortant la compétitivité des entreprises congolaises sur le marché sous-régional.

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