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Dans les Pays de Gamboma, le royaume de Mbaya a un nouveau souverain. Idriss Bintsene, également connu sous le nom de Joseph Idris, a été intronisé les 23 et 24 octobre à Kala-A-Nko, au terme d’une cérémonie traditionnelle qui a réuni dignitaires, invités et habitants.

Kala-A-Nko, siège royal d’une succession attendue

Le nouveau roi succède à son père, Albert Dzon, dit Mbintsene, décédé le 25 septembre dernier. Un mois à peine sépare donc la disparition du souverain de l’investiture de son fils, dans un royaume rattaché au district de Gamboma, département de la Nkéni-Alima.

La cérémonie s’est tenue à Kala-A-Nko, siège royal de Mbaya. Des dignitaires traditionnels y ont pris place aux côtés d’invités venus de plusieurs localités du pays. La population des environs s’est elle aussi mobilisée pour assister à ce moment marquant de la vie du royaume.

Le rouge, couleur d’un rituel ancestral

Pour l’occasion, l’espace cérémoniel avait été aménagé selon les usages propres à la royauté de Mbaya. Une couleur dominait l’ensemble : le rouge, symbole du royaume. Idriss Bintsene lui-même portait cette teinte au moment d’être investi.

Le nouveau roi a été installé dans le respect des traditions ancestrales qui régissent la transmission du pouvoir au sein de cette institution coutumière. Rouge du décor, rouge de la tenue royale : la couleur rappelait à chacun l’identité du royaume.

Une année chargée pour le royaume de Mbaya

Cette investiture s’inscrit dans une année riche en événements pour Mbaya. Plus tôt, depuis le siège royal de Kala-A-Nko, le roi de Mbaya « Ngamboom », Léandre Antouo, avait intronisé le prince Armel Saint-Silvère Dongou.

Quelques jours après cette cérémonie, le décès du roi Albert Dzon a ouvert une nouvelle étape dans la succession à la tête du royaume. L’intronisation de son fils marque une étape de plus dans cette continuité dynastique.

Les Pays de Gamboma, terre d’un village millénaire

Mbaya est présenté comme un village millénaire, situé dans les Pays de Gamboma, dans le département de la Nkéni-Alima. Son organisation repose sur une histoire propre, des coutumes et des mécanismes de transmission héréditaire du pouvoir.

Le royaume revendique ainsi une légitimité coutumière fondée sur la continuité historique et le respect du droit ancestral. Ici, le patrimoine est d’abord immatériel : il tient dans des règles et des usages transmis de génération en génération.

Tradition et République, une cohabitation revendiquée

Cette organisation coutumière s’inscrit dans le cadre institutionnel de la République du Congo, dont elle reconnaît les lois et les structures administratives. Pour les responsables du royaume, la coexistence entre autorité traditionnelle et administration publique illustre une complémentarité entre traditions locales et institutions républicaines.

Les représentants de Mbaya mettent en avant des relations empreintes de respect avec les autorités administratives du district de Gamboma. Selon eux, les activités royales ne s’opposent pas aux prérogatives de l’État, et les pratiques coutumières n’entravent pas l’application des lois et règlements en vigueur.

Le royaume dit placer son action sous le signe de la paix, de la compréhension mutuelle et du respect des institutions. Ses membres, précise-t-il, participent à la vie nationale, scolarisent leurs enfants dans les établissements du système éducatif congolais et prennent part aux consultations électorales.

Un patrimoine culturel congolais à transmettre

Au-delà de la continuité dynastique, l’intronisation d’Idriss Bintsene offre l’occasion de réaffirmer la place des institutions traditionnelles dans la préservation du patrimoine culturel congolais.

À Mbaya, cette succession traduit la volonté de garder vivantes les traditions ancestrales, tout en privilégiant une cohabitation pacifique avec les institutions de la République du Congo, à l’image des autres royaumes du pays.

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