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Une visite au mémorial Pierre-Savorgnan-de-Brazza

Quelques jours avant l’ouverture du colloque consacré au professeur Dominique Ngoïe-Ngalla, ses organisateurs ont fait halte dans un autre lieu de mémoire. Conduits par le Pr Évariste Dupont Boboto, président du comité scientifique, ils se sont rendus au mémorial Pierre-Savorgnan-de-Brazza.

L’objectif était double : présenter la rencontre à la directrice générale des lieux, Bélinda Ayessa, et bénéficier de ses conseils comme de son expertise. Une étape symbolique pour un événement que ses promoteurs décrivent comme une « grand-messe » scientifique, culturelle et historique.

Madingou, chef-lieu de la Bouenza, au cœur de l’hommage

Le colloque se tient du 29 au 31 octobre à Madingou, chef-lieu du département de la Bouenza. Il honore un professeur disparu dans la nuit du 17 au 18 octobre 2020, à l’hôpital de Melun, en France, à l’âge de 77 ans.

Le choix du lieu n’a rien d’anodin : c’est à Madingou que Dominique Ngoïe-Ngalla avait commencé ses études. Pour les participants, ces trois journées doivent permettre de penser et de redire son œuvre, d’y réfléchir ensemble, mais aussi d’aller se recueillir devant sa tombe.

« Prière d’être enterré à Mondou », un vœu resté sans suite

La géographie de cette mémoire tient aussi dans un poème. Le professeur avait publié un texte testamentaire intitulé « Prière d’être enterré à Mondou », du nom d’un village situé à côté de Madingou.

Ce vœu n’a pas pu être respecté, pour une raison simple : Mondou n’existe plus. Dominique Ngoïe-Ngalla a donc été inhumé à côté de son père, à un kilomètre de Madingou. À défaut du village disparu, c’est cette tombe qui accueillera le recueillement des participants.

Le destin de ce poème rappelle combien les lieux de mémoire peuvent se dérober. Le village s’est effacé, mais le texte en conserve le nom.

Vingt ans d’expérience culturelle au service du colloque

Membre du comité scientifique, le Pr Jean Félix Yekoka a expliqué le sens de la démarche. « Venir ici, c’est pour nous un devoir pour la simple raison que cet espace qui abrite le mémorial Pierre-Savorgnan-de-Brazza a vingt ans d’expérience en matière d’organisation des activités culturelles et scientifiques », a-t-il affirmé.

Un lien personnel avec Bélinda Ayessa

La visite avait aussi une dimension plus intime. Selon le Pr Yekoka, Dominique Ngoïe-Ngalla avait l’habitude d’évoquer Bélinda Ayessa, « qu’il considérait comme sa propre fille ». Tous deux entretenaient des relations privilégiées dans les domaines culturel et scientifique, mais aussi au quotidien, « parce que nous sommes des humains ».

Le membre du comité a livré un détail éloquent : « Le Pr Dominique Ngoïe-Ngalla a encadré, pendant deux ans, le fils de Mme Bélinda Ayessa pour qu’il puisse grandir avec les B.A.BA de la langue latine. »

« Nous sommes comblés d’avoir été reçus par madame la directrice générale du mémorial Pierre-Savorgnan-de-Brazza », s’est-il réjoui à l’issue de l’échange.

Des chercheurs congolais et étrangers attendus

Sur le fond, le Pr Yekoka insiste : la rencontre est avant tout scientifique. Sont attendus en priorité des chercheurs de tous bords, à commencer par ceux des universités Marien-Ngouabi et Denis-Sassou-N’Guesso.

D’autres viendront du Gabon, de Côte d’Ivoire, de France et du Canada, et principalement de la République démocratique du Congo voisine.

Transmettre l’héritage aux générations futures

Au-delà des panels, le programme prévoit une table ronde en clôture. Les participants suivront également une « palabre vespérale scientifique », présentée comme un moment important pour parler de la transmission générationnelle de tout ce que le Pr Dominique Ngoïe-Ngalla aura légué à la postérité.

Du mémorial Pierre-Savorgnan-de-Brazza à la tombe proche de Madingou, cet hommage relie ainsi plusieurs lieux de mémoire. Il rappelle qu’un héritage intellectuel se transmet autant par les textes que par les lieux où l’on vient se recueillir.

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