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Un tournoi sous le signe de la cohésion sociale

À Ouenzé, cinquième arrondissement de Brazzaville, le ballon rond s’est imposé comme un vecteur d’unité. Depuis quinze ans, le tournoi « Ouenzé lisanga » – littéralement « jouer ensemble » en lingala – balise l’agenda des vacances scolaires. Son initiateur, le député Juste Désiré Mondelé, rappelle à chaque cérémonie d’ouverture que « le sport est une grammaire commune capable de transcender les appartenances politiques ou religieuses ». L’édition 2023 n’a pas dérogé à la règle : seize formations, issues de divers quartiers, ont disputé trois semaines de rencontres sur des terrains sableux, mais chargés d’histoire collective.

Des demi-finales riches en émotions sportives

Devant un public venu en nombre le 7 août, AS Elongwa Posso et FC Maroc ont validé leur billet pour la finale du 12 août. La première demi-finale a vu Elongwa Posso prendre l’ascendant sur Mounganga (1-0), grâce à une inspiration de son capitaine dans les arrêts de jeu, illustrant la prime accordée au sang-froid dans les joutes à élimination directe. Le second match a opposé Frangama à FC Maroc dans une bataille tactique intense ; les deux équipes se sont neutralisées (0-0) avant une série de tirs au but étouffante (4-3). L’ancien international Chaleur Mouyabi, présent dans les tribunes, a confié ressentir « les mêmes frissons que sur les pelouses européennes », saluant la créativité des jeunes Congolais.

Le rôle catalyseur des autorités locales

Au-delà de l’animation sportive, « Ouenzé lisanga » s’inscrit dans la stratégie publique de promotion de la jeunesse. Les autorités municipales ont mis à disposition des équipements légers et assuré la sécurité autour des stades de fortune. Le ministère des Sports, pour sa part, a dépêché des éducateurs afin de procéder à une première détection de talents. L’objectif explicite est double : occuper utilement la période des vacances scolaires, tout en favorisant la cohésion interquartiers. Les organisateurs soulignent que l’initiative contribue à la prévention de la délinquance juvénile, enjeu sociétal crucial dans une capitale à la démographie galopante.

Un vivier de talents pour les clubs nationaux

Plusieurs recruteurs des clubs de Ligue 1 et Ligue 2 congolaises ont été aperçus en bord de terrain, bloc-notes en main. La modestie des infrastructures n’entame en rien la qualité technique observée : maîtrise du ballon dans des espaces réduits, jeu combiné affûté, tempérament compétiteur forgé dans la rue. Les entraîneurs s’accordent à dire que ces tournois de quartiers constituent un laboratoire pour le futur de la sélection nationale. « Investir dans le football de proximité, c’est préparer la relève des Diables rouges », assure un technicien du FC Kondzo, convaincu que certains acteurs de cette édition peuvent ambitionner un parcours professionnel.

Perspectives pour l’essor du sport de proximité

À l’heure des bilans, les observateurs appellent à pérenniser le modèle « Ouenzé lisanga » dans d’autres arrondissements, voire dans les chefs-lieux départementaux. Le député Mondelé plaide pour la création d’un fonds dédié à la réhabilitation des aires de jeu, suggérant un partenariat public-privé afin de mutualiser les coûts. En toile de fond, c’est la place du sport dans le projet national de développement qui se joue : un levier d’inclusion, de santé publique et de diplomatie douce tout à la fois. En attendant, le 12 août verra s’affronter AS Elongwa Posso et FC Maroc, ultime étape d’une aventure où chaque passe, chaque dribble, symbolise la possibilité d’un vivre-ensemble durable à Brazzaville.

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