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Au cœur du sacre

Au soir du 7 novembre à Pointe-Noire, la scène du grand hôtel Atlantic Palace a illuminé le Port autonome de Pointe-Noire, sacré meilleur port de transit pour l’intégration économique sous-régionale après avoir traité plus de 216 000 tonnes de marchandises en 2024.

Le trophée, remis lors de la neuvième édition des African Ports Awards, salue la montée en puissance d’une plateforme logistique devenue vitale pour la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale, tout en soulignant son virage vers des opérations plus propres et résilientes.

Un sacre à forte portée économique

Avec 27 postes à quai, une profondeur naturelle rare dans le golfe de Guinée et une connexion ferroviaire directe, le port congolais attire désormais les flux du Gabon, du Cameroun et même du Tchad, raccourcissant les temps d’acheminement vers les marchés mondiaux.

Selon l’Agpaoc, chaque journée gagnée représente près de 50 000 dollars d’économie de fret pour les chargeurs régionaux, un argument qui renforce la compétitivité des exportateurs agricoles et miniers tout en dynamisant les recettes douanières nationales.

Pointe-Noire laboratoire de durabilité portuaire

Le conseil annuel de l’Agpaoc, accueilli pour la deuxième fois dans la cité côtière depuis 2005, avait choisi un thème ambitieux : réinventer la gestion domaniale portuaire pour des infrastructures durables et résilientes face aux chocs climatiques et aux contraintes énergétiques.

Des ateliers ont mis en avant l’éclairage LED, la récupération des eaux de cale et l’électrification à quai afin de réduire les émissions des navires, autant de pistes désormais intégrées au plan directeur 2025-2035 du Papn, présenté par son directeur général, Hilaire Bockandza-Ladret.

Gouvernance partagée et formation locale

Pour le secrétaire général de l’Agpaoc, Jean Marie Koffi, « la valorisation du domaine portuaire dépasse la technique ; elle demande un pilotage concerté associant État, secteur privé et collectivités ». Un modèle qu’il qualifie de « boussole » pour la façade atlantique.

Dans la salle, les représentants des écoles maritimes de Loango et de Douala ont insisté sur la montée en compétence des jeunes : la transition énergétique crée de nouveaux métiers, du contrôle drone des digues au monitoring carbone, ouvrant des perspectives d’emploi durable.

Voix de quai, voix de terrain

À l’ombre des grues, Étienne, docker depuis quinze ans, remarque que les nouvelles nacelles électriques « réduisent la fatigue et la poussière ». Il espère que ce progrès ira de pair avec un meilleur accès aux équipements de protection pour l’ensemble des équipes.

Sur le boulevard maritime, Gisèle, cheffe d’agence de transport routier, note déjà une fluidité accrue : « Nos camions passent la barrière en trois heures au lieu de dix ». Pour elle, l’enjeu est désormais la sécurisation des tronçons menant vers le corridor Bangui-Ndjamena.

Comment y aller

Pointe-Noire est reliée quotidiennement à Brazzaville par la voie ferrée Congo-Océan et par plusieurs vols des compagnies nationales et régionales. De l’aéroport Agostinho-Neto, le centre-ville se rejoint en quinze minutes de taxi et le port se visite sur demande officielle.

À savoir

La saison sèche, de juin à septembre, offre une mer plus calme pour l’observation des opérations portuaires. Les visiteurs doivent présenter une pièce d’identité valide et respecter les consignes de sécurité, notamment l’interdiction de photographier les zones sensibles sans autorisation.

Impact & solutions

D’après le ministère des Transports, la connectique électrique à quai pourrait éviter l’émission de 18 000 tonnes de CO2 par an, soit l’équivalent de 4 000 véhicules retirés des routes. Les premiers branchements seront opérationnels sur cinq postes dès avril 2025.

Un fonds d’éco-innovation, abondé par les droits de port, financera des panneaux solaires pour les bâtiments administratifs et un programme de reboisement de la mangrove de Songolo en partenariat avec l’université Marien-Ngouabi, renforçant la résilience côtière face à l’érosion.

À terme, ces initiatives devraient consolider la place de Pointe-Noire comme pivot d’un commerce régional sobre en carbone, en phase avec les engagements climatiques du Congo et les attentes croissantes des chargeurs internationaux en matière de chaîne logistique responsable.

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