| Environnement

À Brazzaville, cap 2026 sur l’économie forestière

Le 22 janvier à Brazzaville, la ministre de l’Économie forestière, Rosalie Matondo, a réuni cadres et responsables de son département pour arrêter les grandes orientations du secteur en 2026. Le mot d’ordre tient en trois axes : digitaliser, mieux recouvrer, et fermer la porte au laxisme administratif.

Recettes publiques : sécuriser, garantir, accroître

Devant ses collaborateurs, Rosalie Matondo a rappelé les instructions du président de la République : garantir, sécuriser et accroître les ressources de l’État. Dans l’écosystème forestier, cela passe par une chaîne de collecte plus robuste et plus lisible, afin d’atteindre les recettes attendues dans la loi de finances 2026.

La ministre a insisté sur l’état d’esprit requis pour porter cette feuille de route. Elle a appelé à plus d’engagement, de rigueur et de professionnalisme au quotidien. « L’année 2026 exige cohésion, détermination et abnégation », a-t-elle martelé, liant performance technique et discipline administrative.

Digitalisation : rendre le contrôle plus opérationnel

Premier chantier présenté comme prioritaire : la mise en service « définitive » du système informatique de vérification de la légalité forestière. L’objectif est de passer d’un outil encore incomplet à un dispositif pleinement déployé, capable d’appuyer les contrôles et de fiabiliser les données.

L’inspecteur général a été instruit de finaliser le déploiement des modules restants. Rosalie Matondo demande aussi l’interconnexion avec les autres systèmes financiers de l’État et une meilleure connectivité des directions départementales, afin que l’information circule sans rupture entre le terrain et l’administration centrale.

Taxes forestières : le défi des arriérés à recouvrer

Sur le recouvrement des arriérés dus par certaines sociétés forestières, la ministre a employé un terme fort, parlant d’une situation « catastrophique ». Elle pointe un problème de fermeté administrative et dénonce la complaisance de responsables locaux envers des entreprises qui poursuivent leurs activités sans régler leurs obligations fiscales.

En creux, le message est simple : les règles doivent s’appliquer partout, et l’État veut reprendre la main sur ce qui lui revient. Pour les agents, cela implique de traiter les dossiers avec méthode, de suivre les paiements et d’éviter les arrangements qui affaiblissent la crédibilité du contrôle public.

Partage de production de grumes : une réforme structurante

Autre dossier mis en avant : l’accélération de l’implémentation du mécanisme de partage de production de grumes. Rosalie Matondo décrit une réforme qui suppose plusieurs étapes : finaliser une étude sur une future société nationale de bois et renforcer les compétences des professionnels du secteur.

Le chantier doit aussi s’appuyer sur une analyse des statistiques de production des cinq dernières années, la publication des textes d’application et la signature de contrats de partage avec l’ensemble des sociétés forestières. Le gouvernement prévoit enfin de transmettre au Parlement un projet de loi créant la structure chargée de gérer la part de grumes de l’État.

Reboisement : préparer la Décennie ONU 2027

Sur le volet environnemental, la ministre annonce, pour l’année 2026, la préparation du lancement national et international de la Décennie des Nations unies pour l’afforestation et le reboisement, prévue en 2027. L’enjeu est d’arriver au rendez-vous avec un dispositif prêt, lisible et coordonné.

Le Programme national d’afforestation et de reboisement devra travailler avec les agences onusiennes pour finaliser une stratégie mondiale. Rosalie Matondo évoque aussi une conférence nationale itinérante et le déploiement du programme Pro-Jeunes dans les quinze départements, en misant sur l’ancrage territorial.

Foire agricole du Congo : montrer la valeur des forêts

La valorisation des produits forestiers, ligneux et non ligneux, fait partie des priorités affichées. La ministre annonce la participation du ministère à la première édition de la Foire agricole du Congo, prévue le 5 février, avec des expositions d’échantillons de bois et de produits finis.

L’événement doit aussi mettre en avant des initiatives liées aux plantations forestières, à l’agroforesterie et à la domestication de la faune sauvage. Dans la feuille de route présentée, cette vitrine a vocation à relier production, transformation et responsabilité, en rendant visibles les efforts de structuration du secteur.

Impact & solutions : transparence, contrôle, restauration

Derrière les annonces, une logique se dessine : moderniser les outils pour limiter les angles morts, renforcer la discipline de recouvrement afin de sécuriser les recettes publiques, et mieux encadrer les flux de grumes. Le tout s’articule avec un agenda de reboisement présenté comme un marqueur environnemental majeur.

La réussite dépendra de l’exécution : modules informatiques réellement opérationnels, coordination effective avec les systèmes financiers de l’État, suivi des arriérés et capacité à faire appliquer les textes. La ministre, elle, fixe un cap : moins d’approximation, plus de résultats mesurables.

À savoir : ce que 2026 change sur le terrain

Pour les directions départementales, l’accent mis sur la connectivité et l’interconnexion des systèmes annonce des procédures plus standardisées. Pour les opérateurs forestiers, la feuille de route rappelle que les obligations fiscales et les mécanismes de partage de production sont appelés à être suivis de plus près.

Pour les observateurs de l’environnement, l’année 2026 est présentée comme une rampe de lancement vers 2027, avec la Décennie pour l’afforestation et le reboisement. L’intention annoncée est d’aligner administration, partenaires et programmes jeunesse dans un cadre unique.

Comment y aller : suivre l’actualité du secteur à Brazzaville

Les annonces ont été faites à Brazzaville, lors d’une rencontre de travail au sein du ministère de l’Économie forestière. Pour suivre ces dossiers, le plus utile est de repérer les communications officielles liées à la mise en service du système de légalité forestière, aux textes d’application du partage de grumes et aux étapes de préparation de la Décennie 2027.

La Foire agricole du Congo, annoncée pour le 5 février, constitue aussi un point d’observation concret, notamment sur la mise en avant des produits finis, des plantations et de l’agroforesterie. C’est souvent dans ces rendez-vous publics que l’on mesure l’écart entre feuille de route et réalisations.

Comments are closed.