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Brazzaville mobilise pour l’adaptation climatique

Le 18 septembre, une salle discrète du ministère de l’Environnement, à Brazzaville, a réuni cultivateurs, chercheurs et décideurs autour d’un même enjeu : transformer l’épreuve climatique en opportunité agricole.

Présidé par le Programme alimentaire mondial et soutenu par le Fonds d’Adaptation, l’atelier marque la restitution d’une étude inédite sur la vulnérabilité et la résilience des pratiques agricoles traditionnelles.

Objectif déclaré : renforcer la sécurité alimentaire de 124 villages de la Bouenza, de la Likouala et de la Sangha, régions déjà durement frappées par la variabilité des pluies et la raréfaction des sols fertiles.

Pour Estelle Nikiema, représentante du PAM, l’événement doit « créer un espace d’échange et de reconstruction » afin d’identifier collectivement les actions les plus prometteuses.

Autour des tables rondes, agriculteurs révèlent la résilience du manioc tandis que les chercheurs évoquent la capacité du soja à fixer l’azote malgré des saisons bousculées.

Diagnostics contrastés Bouenza, Likouala, Sangha

La Likouala affiche la plus forte variabilité hydrique du pays, alternant crues soudaines et poches de sécheresse, un cocktail qui compromet la germination du maïs.

L’étude recommande un appui technique tenant compte des rythmes fluviaux locaux, par exemple la synchronisation des semis avec les niveaux des rivières.

Dans la Sangha, l’isolement routier complique l’écoulement du surplus de bananes, tandis que les orages plus intenses abîment les champs d’arachides.

Pourtant, la proximité de la forêt offre des niches agroforestières ; l’enjeu est d’activer ces opportunités sans augmenter la pression sur les écosystèmes.

La Bouenza, carrefour agricole proche des marchés urbains, bénéficie d’un tissu paysan dynamique où manioc et arachide assurent déjà une marge de sécurité.

Les experts estiment que l’introduction de technologies sobres, comme les semences améliorées tolérantes à la chaleur, pourrait faire bondir les rendements.

Savoirs paysans et cultures vivrières stratégiques

Olga Rosine Ossombi, directrice générale du développement durable, rappelle que « nos communautés vivent en harmonie avec leur environnement depuis des générations ».

Dans les villages, le semis en tas, l’association du maïs et de la courge, ou encore le paillage à base de feuilles de bananier protègent déjà les sols contre l’évaporation.

L’étude propose de documenter ces pratiques, de les tester scientifiquement puis de les diffuser dans les écoles champêtres pour consolider la résilience collective.

Financement, intrants et marché : les nouveaux défis

Malgré leur ingéniosité, les petits producteurs manquent d’accès aux intrants de qualité et aux informations météo locales, deux conditions indispensables pour anticiper les caprices du climat.

Les partenaires suggèrent d’investir dans des plateformes communautaires de stockage et dans des alertes SMS pour réduire les pertes post-récolte.

Le Fonds d’Adaptation finance déjà la formation de monitrices rurales qui sillonnent les villages afin d’expliquer l’usage raisonné des engrais organiques.

En parallèle, les autorités encouragent la création de microentreprises semencières afin que la diversité variétale reste entre les mains des producteurs.

Comment y aller

De Brazzaville, des bus réguliers rejoignent la Bouenza en cinq heures ; pour la Likouala et la Sangha, l’aventure commence par la route nationale puis se poursuit en pirogue ou en taxi-brousse selon la saison.

Il est conseillé de voyager entre juin et septembre, période où les pistes restent praticables et les ateliers agricoles ouverts aux visiteurs.

À savoir

Les voyageurs doivent se munir d’un carnet de vaccination à jour et respecter les consignes locales sur la gestion des déchets afin de ne pas perturber les initiatives communautaires.

Le réseau téléphonique peut être intermittent ; prévoir une carte SIM locale facilite la réception des bulletins météo diffusés par le PAM.

Impact & solutions

En misant sur les savoirs endogènes, l’étude table sur une hausse de 20 % des rendements d’ici trois ans, limitant l’exode rural et la déforestation.

Les observateurs soulignent qu’une telle progression consoliderait l’autonomie alimentaire tout en confortant les objectifs climatiques nationaux.

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