La jeunesse congolaise au cœur du Forestival
Le 4 novembre, l’Institut français du Congo a vibré au rythme des ateliers, débats et projections du Forestival. Pour sa quatrième édition, l’événement place délibérément les jeunes au premier plan, considérant leur énergie comme un levier décisif pour la sauvegarde des forêts.
Le thème « Jeunes et engagés, pour semer aujourd’hui les racines de demain » donne le ton. Derrière les stands colorés, lycéens, étudiants et jeunes professionnels partagent projets de terrain, créations artistiques et rêves de carrières vertes, nourrissant un climat d’optimisme réaliste.
Diplomatie verte en action à Brazzaville
En ouvrant la rencontre, l’ambassadrice de France, Claire Bodonyi, a rappelé que la biodiversité n’est pas qu’un héritage, mais « une responsabilité collective ». Elle voit dans ces jeunes « les ambassadeurs d’une diplomatie verte », dialoguant au-delà des frontières pour défendre les écosystèmes.
Son propos résonne avec la vision congolaise d’une coopération environnementale constructive. Discussions et performances artistiques traduisent cette diplomatie vivante, loin des tribunes officielles, mais proche des réalités locales et des aspirations planétaires.
Partenariat stratégique avec l’Union européenne
Devant une assemblée attentive, l’ambassadrice de l’Union européenne, Anne Marshall, a souligné l’importance centrale de la thématique forestière dans le partenariat UE-Congo. Elle a présenté le programme Toza Bilenge, lancé en février 2025, afin de renforcer l’implication des jeunes dans les initiatives vertes.
Le dispositif soutient des micro-projets, offre des formations et encourage l’entrepreneuriat écologique. Les étudiants présents saluent cette approche, qui conjugue perspectives économiques et défense du patrimoine naturel, sans opposer emploi et protection de l’environnement.
France Volontaires, moteur d’engagement
Mamadou Ndour Camara, représentant de France Volontaires, a rappelé que près de 65 % du territoire congolais est couvert de forêts, soulignant ainsi le rôle crucial du pays pour l’équilibre climatique mondial. Selon lui, « le volontariat crée un pont entre connaissances et actions concrètes ».
Des anciens volontaires ont témoigné de missions menées dans les villages riverains, où sensibilisation, reboisement et création de pépinières offrent des retombées directes sur la qualité de vie et la cohésion communautaire.
Un patrimoine forestier stratégique
Le bassin du Congo abrite la deuxième forêt tropicale de la planète. Stockage massif de carbone, régulation hydrique et berceau de biodiversité en font un moteur climatique d’envergure mondiale. Protéger ces forêts, c’est protéger des millions de vies locales et un climat global.
Les intervenants rappellent que la préservation passe par l’éducation, l’alternative économique et la coopération sud-sud. Le Forestival sert alors de plateforme où savoirs traditionnels, science et créativité urbaine se rencontrent pour imaginer des avenirs durables.
Comment y aller
Le Forestival se tient à l’Institut français du Congo, en plein centre de Brazzaville, accessible à pied depuis le marché Total et les principales lignes de bus urbains. Les sessions sont ouvertes au public sur inscription gratuite, une pièce d’identité suffisant pour l’enregistrement à l’accueil.
Les visiteurs peuvent prolonger l’expérience sur les berges aménagées du fleuve Congo, situées à quelques minutes, afin d’observer la végétation riveraine dont ils viennent d’entendre parler durant les conférences.
À savoir
Les activités sont proposées en français avec traduction ponctuelle en lingala. Une librairie éphémère regroupe ouvrages et bandes dessinées sur la forêt équatoriale. Les exposants appliquent une politique zéro plastique ; gourdes réutilisables et tasses consignées sont mises à disposition des participants.
Des certificats de participation, utiles pour les dossiers académiques ou professionnels, sont remis à la clôture. Les organisateurs invitent chaque visiteur à planter symboliquement une graine, geste simple ancrant le message du festival.
Impact & solutions
En quatre éditions, le Forestival a vu naître des clubs environnementaux dans plusieurs lycées, un réseau d’influenceurs verts et des mini-projets de reboisement financés par de petites collectes. Le regain d’intérêt pour les études forestières en est un résultat concret.
L’initiative One Forest Youth, portée à l’échelle régionale, ambitionne maintenant de fédérer ces actions dispersées. Les partenaires soulignent que la continuité du financement et l’appropriation locale restent les clés du succès. La jeunesse congolaise, réunie ici, semble prête à relever le défi.




