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La cour de l’ANA transformée en village artisanal

Le 17 décembre 2025, la cour de l’Agence Nationale de l’Artisanat, au cœur de Brazzaville, s’est muée en village festif. Sous des tonnelles bariolées, vannerie, bijoux et textiles racontaient les savoir-faire du fleuve et des forêts congolaises.

Placée sous le thème « Faites de l’artisanat, l’artisan en fête », la manifestation associait musique, démonstrations de tissage et dégustations d’épices locales. Les familles flânaient entre les étals, attirées par la promesse de cadeaux responsables à prix doux.

Co-organisé avec le Ministère des Petites et Moyennes Entreprises et de l’Artisanat, le marché voulait montrer qu’acheter local n’est pas un luxe mais un geste de proximité, à la fois culturel et écologique.

17 millions CFA : un record symbolique pour l’artisanat

À la clôture, le 3 janvier 2026, la directrice générale de l’ANA, Emma Mireille Opa Elion, a annoncé un chiffre d’affaires de 17 millions F CFA, bien au-delà des 5 millions visés par la ministre Jacqueline Lydia Mikolo.

« Nos artisans ont prouvé que la créativité locale attire. Certains articles valaient 200 francs, d’autres 10 000, mais l’addition finale dit l’engouement du public », a-t-elle expliqué devant les exposants comblés.

Plus de 4 000 visiteurs ont arpenté les allées. Pour les créateurs, les carnets de commandes remplis valent autant que la trésorerie : ils garantissent un revenu régulier après la fête.

Une vitrine pour le Made in Congo et six nations sœurs

Une centaine d’exposants venaient de la République du Congo, mais aussi du Cameroun, de Madagascar, du Sénégal, du Mali, de la Côte d’Ivoire et de la RDC. Les échanges ont fait vibrer la cour comme un carrefour d’Afrique créative.

« L’artisanat n’est pas qu’une tradition, c’est un moteur innovant », a insisté le représentant des exposants, M. Elenga, saluant le ministère pour cette vitrine partagée. Les visiteurs découvraient comment fibres de raphia, graines de baobab ou argile du Pool deviennent objets d’art utiles.

Des jouets solidaires pour 250 enfants

Sur instruction de la ministre, 250 enfants de collaborateurs du ministère ont reçu des jouets pédagogiques. Scrabbles, poupées en tissu et puzzles en bois ont été remis par Emma Mireille Opa Elion le 1er janvier.

« Merci pour ce magnifique cadeau », a lancé la jeune Marisa Onanga, sourire éclatant. Le geste mettait en lumière l’aspect social de l’événement : célébrer le nouvel an tout en ouvrant la curiosité des plus jeunes au talent des artisans locaux.

L’artisanat, un moteur vert pour l’économie locale

Valoriser la production « Made in Congo » réduit la dépendance aux importations et diminue l’empreinte carbone liée au transport des marchandises. Les cosmétiques à base de plantes, les confitures de safou ou les sacs en fibres de bananier incarnent une économie circulaire naissante.

Selon l’ANA, chaque franc dépensé sur le marché reste majoritairement dans la communauté, soutenant des ateliers familiaux et l’emploi des femmes. L’initiative illustre qu’une fête peut être à la fois rentable et respectueuse des ressources.

Comment y aller

La cour de l’ANA se situe sur l’avenue de la Base, à dix minutes du centre-ville de Brazzaville. Les taxis-bus desservent l’esplanade toute la journée pendant l’événement, dont les dates 2026-2027 seront annoncées prochainement par le ministère.

À savoir

L’entrée au marché est gratuite. Les stands sont ouverts de 9 h à 20 h. Les paiements s’effectuent en espèces ou par mobile money. Apportez un sac réutilisable pour éviter les sachets jetables et n’hésitez pas à discuter avec les créateurs, la négociation reste conviviale.

Impact & solutions

Le succès financier offre aux organisateurs un levier pour structurer davantage la filière : formations, labellisation qualité, accès au crédit. Ces chantiers devraient consolider l’emploi artisanal et renforcer la visibilité internationale du label « Made in Congo ».

Les visiteurs, eux, repartent avec la certitude qu’un simple achat peut protéger un savoir-faire, soutenir une famille et encourager des pratiques plus durables. C’est toute la portée d’un marché de Noël pensé comme moteur de transition responsable.

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