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Brazzaville : un plaidoyer pour le patrimoine autochtone

À Brazzaville, le 20 janvier, le chercheur congolais Sorel Eta a insisté sur la nécessité de conserver le patrimoine culturel, la médecine traditionnelle et le mode de vie des peuples autochtones. Il met en avant l’enjeu de transmission aux générations futures, pour mieux promouvoir ces savoirs et coutumes.

Le livre qui remet la forêt au centre des savoirs

Sorel Eta s’exprimait dans une interview accordée à l’Agence Congolaise d’Information, au moment de la parution de son ouvrage « L’université de la forêt avec les pygmées Aka » (ACI). Pour lui, cette publication vise aussi à rappeler la valeur d’une richesse trop souvent méconnue.

Synergie avec les autorités : confiance et communication

Le chercheur invite les autorités congolaises à travailler en synergie avec les peuples autochtones, notamment sur la communication. Il insiste sur une démarche de confiance, afin que les communautés concernées se sentent respectées et écoutées, et qu’elles puissent partager leurs références sans crainte d’être déconsidérées.

Respect entre communautés : un enjeu pour sauvegarder la culture

Sorel Eta appelle également à une sensibilisation des peuples Bantous au respect de la culture des peuples autochtones. Il plaide pour l’acceptation de leur mode de vie, considérant que cette culture constitue une richesse à préserver, à la fois patrimoine du pays et, selon ses mots, patrimoine de l’humanité (ACI).

L’« école de la forêt congolaise » : une pédagogie concrète

Selon lui, le patrimoine culturel autochtone est une « école de la forêt congolaise et africaine » (ACI). Il décrit une pédagogie concrète, transmise depuis des lustres, où les savoir-faire passent par l’observation, la pratique et le récit, pour assurer la continuité des connaissances au sein des familles.

Botanique, zoologie, langues : l’université au cœur du vivant

Sorel Eta détaille une école pluridisciplinaire. Elle enseigne notamment la botanique, la zoologie, l’éthologie, la navigation forestière, la musique, les langues autochtones et la littérature orale. Il cite aussi l’écologie, le chamanisme, la médecine traditionnelle et l’artisanat (ACI).

Médecine traditionnelle : des plantes au soin, du soin au lien

Sur la santé, il souligne que les peuples autochtones transmettent des connaissances sur des plantes capables de traiter des maladies fréquentes. Cette transmission, précise-t-il, s’appuie aussi sur un savoir spirituel, qui structure les pratiques de soins et la manière de comprendre le corps, la forêt et leurs relations.

Éducation et Constitution : articuler école et culture

« L’État ne devrait pas leur imposer l’éducation à la manière occidentale d’après ce que stipule la constitution d’octobre 2015 dans son article 23 », a-t-il déclaré (ACI). Il ajoute toutefois que la valorisation de l’école de la forêt peut aussi passer par une collaboration avec l’école occidentale.

Relations Aka–Bantous : apprendre ensemble, mieux vivre ensemble

Cette collaboration, selon Sorel Eta, doit viser l’amélioration des relations entre les pygmées et les Bantous (ACI). L’idée n’est pas de remplacer un système par un autre, mais de créer des ponts : une reconnaissance réciproque, des échanges mieux compris, et une place plus visible pour les savoirs autochtones.

Culture en voie de disparition : une urgence de préservation

Le chercheur souligne enfin l’urgence d’une implication de l’État dans la préservation de cette culture qu’il dit « en voie de disparition » (ACI). Son appel renvoie à une responsabilité collective : documenter, respecter, transmettre, et protéger ce qui fait la singularité de ces héritages vivants.

Impact & solutions : ce que change la protection des savoirs Aka

Préserver ce patrimoine, c’est renforcer la transmission culturelle, soutenir la diversité des langues et des pratiques, et valoriser une relation au milieu forestier fondée sur l’expérience. Pour Sorel Eta, la solution passe par la confiance, la sensibilisation au respect, et un partenariat entre communautés, école et institutions (ACI).

Comment y aller : Brazzaville, au point de départ des échanges

Le plaidoyer a été formulé à Brazzaville, dans le cadre d’une interview. Pour les lecteurs, la capitale reste un point de départ pratique pour s’informer via les institutions culturelles, les chercheurs et les acteurs associatifs, et pour comprendre le contexte avant toute démarche de découverte.

À savoir : parler de culture autochtone avec justesse

Le chercheur insiste sur la nécessité d’éviter les approches imposées de l’extérieur. Son message invite à considérer les peuples autochtones comme des détenteurs de savoirs, à respecter leur mode de vie, et à soutenir la transmission, afin que cette « école de la forêt » continue d’exister.

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