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Un pari vert pour l’économie forestière

Sous les lambris du ministère de l’Économie forestière, la 22e session du Comité conjoint de mise en œuvre a scellé une ambition simple : ouvrir aux grumes congolaises les portes de l’Union européenne tout en gardant intacte la canopée qui les a fait naître.

En mobilisant industriels, ONG et bailleurs, la ministre Rosalie Matondo a rappelé que la durabilité constitue désormais la première condition d’accès aux marchés, bien avant le prix ou le volume.

Cette ouverture contrôlée illustre la démarche du Congo : valoriser sa ressource sans compromettre les services écosystémiques essentiels fournis par la forêt.

Entre Rdue et APV : un calendrier serré

Le règlement européen sur la déforestation entrera en application le 30 décembre 2025.

Pour l’administration congolaise, l’APV/FLEGT signé en 2010 sert de rampe de lancement afin d’aligner, d’ici là, toutes les procédures d’exportation sur ce futur standard.

Le plan d’action quinquennal 2024-2028 fixe une série d’échéances intermédiaires pour ne pas rater le train européen.

Depuis la fermeture de certains marchés asiatiques, plusieurs concessions ont tourné au ralenti, renforçant l’urgence d’un accès sécurisé au Vieux Continent.

Tracer chaque grume : le Système de vérification

Au cœur des débats, le Système de vérification de la légalité doit délivrer ses premiers certificats dès que les textes d’application du Code forestier de 2020 seront finalisés.

Chaque cargaison devra retracer l’arbre, la parcelle, l’opérateur et le document CITES s’il s’agit d’une espèce nouvellement inscrite.

Les contrôles numériques, attendus par Bruxelles, promettent de réduire les zones d’ombre qui fragilisent encore la compétitivité des entreprises forestières locales.

Le communiqué commun prévoit d’intégrer, dès cette année, les exigences CITES dans le logiciel de suivi, garantissant qu’aucun bois d’essence protégée ne traverse la frontière sans aval préalable.

La voix des partenaires

« Notre secteur souffre du repli de certains marchés, mais il se relèvera si nous sécurisons de nouveaux débouchés », a insisté Rosalie Matondo.

De son côté, l’ambassadrice Anne Marchal voit dans l’urgence réglementaire l’occasion de « redoubler d’efforts » afin d’atteindre l’opérationnalité complète de l’accord.

Les deux parties se sont accordées pour maintenir un suivi trimestriel des progrès, gage de transparence auprès des communautés locales et des acheteurs européens.

Autour de la table, entreprises et société civile ont demandé un calendrier public afin que chaque acteur sache ce qu’il doit faire et à quelle date.

Comment y aller

Un opérateur souhaitant exporter doit d’abord consulter le guichet unique du ministère, puis enregistrer sa concession dans la base de données du Système de vérification.

La délivrance du certificat de légalité nécessite un audit indépendant ; la liste des cabinets agréés est mise à jour à chaque session du Comité conjoint.

Enfin, les documents douaniers devront mentionner le code FLEGT pour bénéficier d’un traitement accéléré aux ports européens.

Une notification électronique est ensuite transmise aux autorités européennes, conformément aux procédures FLEGT.

À savoir

L’Accord de partenariat volontaire a été signé le 17 mai 2010 et est entré en vigueur le 1er mars 2013.

La 22e session du Comité conjoint a examiné le projet de délivrer les premiers certificats avant la fin de l’année courante.

Plusieurs espèces congolaises récemment listées par la CITES font désormais l’objet d’exigences de traçabilité renforcées.

Le Comité poursuivra un suivi des défis, jusqu’à la pleine opérationnalité de l’APV, comme le stipule le communiqué conjoint.

Impact & solutions

Une filière bois capable de prouver l’origine légale de chaque planche pourra consolider l’emploi local tout en améliorant l’image du pays sur les marchés responsables.

La traçabilité réduit aussi les pertes fiscales, puisque chaque expédition licite passe par un enregistrement numérique et des droits clairement identifiés.

Le prochain défi reste la sensibilisation des petites et moyennes concessions, souvent isolées, aux nouvelles obligations de déclaration électronique.

Le Comité conjoint s’est engagé à publier régulièrement ses rapports, offrant ainsi aux chercheurs et aux communautés une visibilité accrue sur l’état des forêts.

À terme, l’alignement sur les règles européennes pourrait devenir un étendard commercial pour le bois congolais sur d’autres continents, en particulier en Afrique et en Amérique latine.

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