Talangaï célèbre le Complexe scolaire de la Liberté
Vendredi 24 octobre 2025, dès l’aube, les rues de Talangaï se sont teintées de banderoles vertes et de pancartes célébrant le Complexe scolaire de la Liberté. La nouvelle bâtisse, dressée au cœur du 6ᵉ arrondissement de Brazzaville, promet des salles lumineuses et des laboratoires modernes.
Peu avant midi, le président Denis Sassou Nguesso a coupé le ruban tricolore sous les applaudissements d’une foule dense. Les corps constitués, parents d’élèves et enseignants saluaient une étape supplémentaire vers l’accès à l’éducation pour tous.
Une association à la fibre environnementale
Parmi les milliers de badauds, les tee-shirts frappés d’un arbre stylisé attiraient l’œil : c’était la troupe de l’association Le Bon Sens. Créée autour de la pensée de l’écrivain-chercheur Michel Innocent Peya, elle prône paix, unité et responsabilité écologique.
Ses adhérents arpentent régulièrement les quartiers populaires pour diffuser la « Vision Verte », concept qui lie gouvernance responsable, lutte contre la déforestation et transition vers une économie verte. À Talangaï, ils voulaient prouver que l’école et la planète partagent le même avenir.
Des jeunes motivés par l’éducation durable
« Nous sommes venus en famille pour remercier le Chef de l’État et célébrer l’ouverture de cette école moderne », explique Mireille, étudiante et militante du Bon Sens, un drapeau vert sur l’épaule. Autour d’elle, des collégiens scandaient « Un livre, un arbre, un avenir ».
Le mot d’ordre était clair : associer éducation et environnement. Pour Christian, professeur de sciences, la présence de laboratoires équipés facilitera l’étude des écosystèmes du bassin du Congo, permettant aux élèves de devenir acteurs de la conservation dès le plus jeune âge.
Vision Verte : du livre à l’action
Michel Innocent Peya, colonel-major et auteur d’essais sur le climat, décrit le Bon Sens comme « un pont entre la recherche et la rue ». Ses ouvrages popularisent la politique climatique défendue par Denis Sassou Nguesso et inspirent des campagnes de reboisement dans les quartiers.
À Talangaï, l’association avait planté la veille vingt jeunes bosquets autour du complexe. « Planter un arbre face à chaque salle de classe rappelle que le savoir grandit mieux dans l’ombre fraîche des feuillages », glissait un membre, pelle à la main.
Comment y aller
Talangaï est accessible en vingt minutes depuis le centre-ville de Brazzaville via l’avenue des Trois-Martyrs. Les taxis-bus marquent désormais un arrêt permanent devant le Complexe scolaire de la Liberté, identifiable à sa façade crème soulignée de vert.
Les visiteurs sont invités à se présenter avant 16 heures pour des visites guidées gratuites des salles et du jardin pédagogique, du lundi au vendredi. Le site dispose d’un parking sécurisé et d’un point d’eau potable.
À savoir
Le Bon Sens compte plus de 5 000 adhérents répartis dans les arrondissements de Brazzaville et plusieurs villes de province. Ses comités locaux organisent lectures publiques, collectes de déchets et ateliers sur l’économie circulaire.
Le complexe scolaire, financé par la Société nationale des pétroles du Congo sous l’impulsion de son directeur Maixent Raoul Ominga, accueille dès cette année 1 200 élèves du primaire au lycée. Il a été construit selon des normes bioclimatiques pour limiter la consommation énergétique.
Impact & solutions
Les experts présents saluent l’exemple d’une infrastructure éducative soutenant la transition écologique. « Un bâtiment sobre en énergie, adossé à un programme d’enseignement sur la biodiversité, crée un cercle vertueux », note une inspectrice académique.
Le Bon Sens prévoit de doter chaque classe d’un kit météo simplifié pour suivre pluie et température, outil pédagogique mais aussi point de collecte de données locales. Ces relevés viendront nourrir les études sur le microclimat urbain de Brazzaville.
Parallèlement, l’association lancera cette saison un concours de jardinage scolaire. L’objectif est d’inciter les élèves à cultiver légumes et essences locales dans la cour, afin d’illustrer la permaculture et la sécurité alimentaire en milieu urbain.
En clôture de la cérémonie, un message résonnait : l’éducation est une graine, l’environnement son terreau. Talangaï vient de planter les deux à la fois, offrant à la jeunesse congolaise un horizon où salles de classe et forêts avancent côte à côte.





