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Dans les jardins de la Case De Gaulle, un symbole vert

Jeudi 9 octobre 2025, la cour ombragée de la mythique Case De Gaulle s’est couverte de bêches et de sourires. Diplomates, élus locaux et jeunes volontaires ont planté vingt arbres endémiques et fruitiers, transformant le site historique en laboratoire vivant de la transition écologique de Brazzaville.

L’opération, patronnée par l’ambassadeure de France Claire Bodonyi, s’inscrit dans la Semaine de la diplomatie verte portée par l’Union européenne. Le label « Ambassade verte 2025 » décerné à Paris sert d’aiguillon à des initiatives concrètes sur le terrain congolais.

« Nous voulons faire de notre réseau diplomatique un modèle duplicable de coresponsabilités », confie le porteur du projet, Laurent Taylor. Gérants du site, les agents de la Case De Gaulle espèrent désormais récolter mangues et safous pour accueillir les partenaires de passage avec les fruits du jardin.

Un partenariat Europe-Congo qui prend racine

Autour des jeunes plants, l’administrateur-maire de Bacongo, Bernard Batantou, et le député Vadim Osdet Mvouba ont échangé avec Augustin Bondo Tshiani, premier conseiller à la Délégation de l’Union européenne. Tous saluent « une priorité partagée : soutenir la finance climatique en faveur des populations riveraines ».

Pour l’Union européenne, planter vingt essences locales à Brazzaville revient à semer des liens diplomatiques durables. « Nous valorisons l’expertise congolaise tout en investissant dans l’éducation environnementale », insiste Augustin Bondo Tshiani, rappelant que la forêt du bassin du Congo demeure un allié majeur contre le réchauffement global.

Les jeunes en première ligne de la transition

Aux côtés des officiels, les adolescents du collectif « Toza bilenge » ont manié pioches et arrosoirs. Pour eux, chaque tige enfoncée dans la terre rouge symbolise une promesse d’avenir. « C’est notre ville, notre climat, notre santé », résume la lycéenne Mélissa, 17 ans.

Le projet bénéficie du soutien de l’association « Human Empress », coordonnée par Paule Sara Nguié. Cette dernière se réjouit de « la concrétisation d’un regard partagé, plus responsable et ancré dans le territoire », convaincue que l’implication de la jeunesse conditionne la réussite de tout programme climatique.

Un geste pour la biodiversité du bassin

Les essences choisies, telles que le sapelli, le moabi ou le safoutier, figurent parmi les trésors botaniques les plus menacés du bassin du Congo. Leur croissance au cœur de la capitale offre une vitrine pédagogique sur le rôle des arbres dans la filtration de l’air urbain.

Selon l’ONU, la restauration forestière pourrait fournir un tiers des efforts nécessaires pour limiter la hausse globale de température. En participant à cet objectif, Brazzaville rejoint les capitales africaines qui misent sur les espaces verts urbains afin de conjuguer santé publique et attractivité touristique.

Comment y aller

La Case De Gaulle se situe rue Ma Mbi, à proximité immédiate du fleuve et du centre commercial Poto-Poto. Les taxis-compteurs desservent le site depuis l’aéroport Maya-Maya en vingt minutes. L’accès au parc est libre chaque jeudi matin, sur simple présentation d’une pièce d’identité.

À savoir

Érigée en 1944, la villa servait de résidence au général de Gaulle lors de la célèbre Conférence de Brazzaville. Classée au patrimoine national, elle abrite aujourd’hui des expositions et un fonds photographique inestimable sur l’histoire du Congo et de la coopération franco-congolaise.

Impact & solutions

Outre la séquestration future de carbone, le programme entend mesurer la survie des plants via un suivi participatif. Les jardiniers volontaires envoient chaque mois des photos géoréférencées aux botanistes de l’Université Marien-Ngouabi, qui alimentent une base de données ouverte aux chercheurs.

L’initiative s’accorde avec le Plan national d’adaptation du Congo, qui cible un taux de boisement urbain de 35 % d’ici 2030. En faisant de la Case De Gaulle une vitrine, les partenaires espèrent inspirer écoles, entreprises et familles à planter, où qu’elles se trouvent dans la ville.

Comme le résume Claire Bodonyi, « replanter, c’est écrire un récit d’hospitalité entre l’homme et l’arbre ». Ce récit, désormais visible depuis l’avenue de l’Amitié, rappelle que chaque graine compte quand il s’agit de conjuguer diplomatie, patrimoine et environnement pour un futur partagé.

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