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Brazzaville au rythme de la 22e session

Le 27 novembre 2025, la salle des conférences du ministère de l’Économie forestière vibrait d’une énergie feutrée. Devant les cartes satellites projetées, Congolais et Européens ouvraient la 22e session du Comité conjoint de mise en œuvre de l’Accord de partenariat volontaire, signé en 2010.

Autour de la table ovale, la ministre Rosalie Matondo et l’ambassadeur Anne Marchal faisaient front commun. Leur objectif déclaré tenait en deux maîtres-mots : légalité et transparence. En toile de fond, une question insistante : jusqu’où le Congo peut-il pousser la certification sans ralentir son économie ?

Un plan quinquennal qui trace la route

Les délégués ont passé au crible le plan 2024-2025, fil conducteur de l’APV. Indicateurs, tableaux de bord et cartographie participative ont montré une progression mesurable du suivi forestier, malgré des zones enclavées encore difficiles d’accès pendant la saison des pluies.

Une responsable technique salue « l’appropriation locale de l’accord », citant la création de cellules de contrôle dans cinq départements. Ces unités, composées d’ingénieurs forestiers et de représentants communautaires, vérifient désormais les inventaires et traquent les grumes sans numéro, véritables marqueurs de fraude.

Premier certificat de légalité : le compte à rebours 2025

La phrase de Mme Matondo résonne encore : « 2025 marque un tournant historique ». Le premier certificat de légalité, sésame attendu par les scieries de Ouesso à Pointe-Noire, doit sortir dans quelques mois. Il déclenchera la marche vers les autorisations FLEGT espérées pour 2028.

Pour les industriels, ce papier officiel est plus qu’un tampon. Il ouvre la porte d’un marché européen exigeant, tandis que la mise en place prochaine du RDUE accroît la pression. « Pas de temps à perdre », résume Anne Marchal, rappelant l’enjeu pour l’employabilité locale.

SIVL, la tour de contrôle forestière

Au cœur du système, le logiciel SIVL compile chaque étape du bois, du permis de coupe jusqu’au port. Les informaticiens ont présenté un module prêt à intégrer CITES afin de croiser instantanément les données sur les essences protégées, un pas vers une traçabilité totale.

Les opérateurs privés réclament toutefois une connexion stable dans les concessions éloignées. Le ministère promet des bornes VSAT alimentées par solaire. « Pour qu’un logiciel vive, il lui faut du réseau », admet un chef de projet, sourire aux lèvres devant les promesses d’installation.

Le code forestier s’affûte

Parallèlement, les juristes finalisent les textes d’application de la loi 33-2020. Les directives d’aménagement simplifié doivent clarifier la part de bois-œuvre réservée au marché national et codifier les redevances sociales, afin que les communautés riveraines perçoivent un retour tangible.

Une consultante rappelle que « sans règles opérationnelles, les meilleures lois restent silencieuses ». Son plaidoyer a obtenu l’appui des deux délégations pour boucler les décrets avant la prochaine saison sèche, période clé durant laquelle les entreprises lancent leurs plans d’exploitation.

Une parole convergente Congo-UE

La signature du mémorandum final résume l’esprit de la session. Bilatéral mais inclusif, il répertorie chaque recommandation et fixe des échéances serrées. Les parties s’engagent à publier des rapports trimestriels, preuve d’une gouvernance qui mise sur la transparence plutôt que sur la communication ponctuelle.

L’ambassadeur Marchal insiste : « La ressource forestière ne peut pas être victime des lenteurs administratives ». La formule, reprise dans les couloirs, illustre l’équation délicate entre rigueur bureaucratique et dynamique économique. Le Congo affiche, lui, la volonté de rester leader régional de la certification.

Dans les ateliers parallèles, ONG et exploitants ont esquissé des projets de plantations enrichies d’acajou et de framiré destinées à réduire la pression sur les peuplements naturels. Une démarche qui complète la surveillance plutôt que la remplacer, précisent les botanistes présents.

Comment y aller

Les observateurs intéressés par le processus peuvent assister aux réunions publiques du CCM, annoncées sur le site du ministère de l’Économie forestière. Il suffit de s’enregistrer une semaine avant et de présenter une pièce d’identité à l’accueil du bâtiment principal de Brazzaville.

À savoir

Le Congo exporte majoritairement du sapelli, du tali et de l’okoumé. Depuis 2020, la transformation locale avant exportation est obligatoire. Les flux légaux sont inspectés aux postes frontières terrestres, à l’aéroport et dans les ports de Pointe-Noire et de Brazzaville-autre-rives.

Impact & solutions

La pleine opérationnalité de l’APV pourrait sécuriser jusqu’à deux millions d’hectares de concessions sous gestion durable, d’après les projections du comité technique. Les certificats de légalité devraient aussi faciliter l’accès des PME congolaises aux financements verts, résume un banquier invité à la session.

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