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Brazzaville au cœur d’un tournant énergétique

Le 19 novembre 2025, la salle de conférence du PNUD à Brazzaville bourdonnait d’espoir. Autour de la table, décideurs et investisseurs discutaient d’un sujet qui peut changer la carte sociale du Congo : l’électrification rurale portée par le Programme d’électrification des zones rurales, ou PEZOR.

Frédéric Manienz, directeur de cabinet du ministre de l’Énergie, a donné le ton : « La mobilisation des ressources chinoises est une urgence nationale ». Son appel à l’unité a scellé l’ambiance d’une réunion jugée décisive pour la phase pilote 2026-2030.

Un programme pilote 2026-2030 pour 200 localités

Le PEZOR vise l’installation de 257 mini-centrales solaires, 19 microcentrales hydroélectriques et plus de 240 kilomètres de lignes. Le coût annoncé atteint 579,6 millions de dollars, une enveloppe taillée pour sortir 200 localités de l’ombre électrique.

Pour Daniel Ovaga, président de l’Union nationale des opérateurs économiques du Congo, l’initiative n’est « pas seulement un programme énergétique, c’est une opportunité de transformation économique, sociale et territoriale ». Un accent mis sur l’équité qui résonne dans les plus petites collectivités.

Les partenaires chinois au rendez-vous

La présence de Christina Huying, de la fondation chinoise Nova International, a matérialisé la dynamique Sud-Sud. « Nous voulons créer des passerelles solides entre investisseurs chinois et projets congolais », a-t-elle assuré, rappelant que son réseau s’étend déjà sur 150 pays.

Le PNUD, représenté par Adama Dian Barry, a promis un appui technique et financier. Elle résume l’enjeu : « Grâce au PEZOR, plus de deux millions de personnes seront désenclavées énergétiquement ». Son organisation jouera un rôle pivot de coordination et de suivi.

Mini-réseaux verts, macro-impact rural

Sur le terrain, les mini-centrales solaires devraient être implantées près des écoles, dispensaires et marchés, réduisant la facture énergétique des ménages. Les microcentrales hydroélectriques, quant à elles, s’appuieront sur le relief des plateaux et des petites chutes pour générer une énergie régulière.

Les ingénieurs envisagent également la réhabilitation de barrages existants, solution moins coûteuse et plus rapide. En modernisant les turbines et les lignes, le Congo capitalise sur l’infrastructure héritée sans artificialiser de nouveaux sites, un choix salué par les ONG environnementales présentes.

Comment y aller

Les futures centrales seront réparties sur tout le territoire. Pour les journalistes, chercheurs ou voyageurs responsables souhaitant observer les chantiers, Brazzaville reste le point d’entrée idéal, avec des vols réguliers puis des axes routiers rénovés reliant Ngabe, Sibiti ou Owando où les premiers sites sont pressentis.

À savoir

Le financement sera structuré en prêts concessionnels chinois, subventions du PNUD et capitaux privés. Un mécanisme de garantie souveraine limitera les risques. Les autorités promettent une gestion transparente, avec des audits semestriels publiés pour rassurer investisseurs, communautés locales et diaspora.

Impact & solutions

En passant de 1 % à une couverture qui frôlera 30 % dans les villages concernés, l’accès à la lumière prolongera les heures d’étude, sécurisera les accouchements nocturnes et réduira la dépendance au kérosène, souvent importé et coûteux.

Pour l’agriculture, la réfrigération des produits frais limitera les pertes post-récolte, tandis que de petites unités de transformation pourront voir le jour. Les opérateurs économiques locaux entrevoient déjà une hausse des revenus et un attrait accru pour les jeunes.

La dimension climatique n’est pas négligée. Les mini-réseaux solaires et l’hydroélectricité de faible puissance évitent l’usage massif de groupes électrogènes, réduisant les émissions de CO₂ et la pollution sonore, facteurs cruciaux pour les oiseaux et primates des forêts riveraines.

Sur le plan social, la participation des collectivités sera recherchée dès la phase de conception. Des comités villageois suivront les chantiers et encadreront la maintenance, un dispositif déjà expérimenté par le ministère de l’Énergie sur de petits projets pilotes.

Les promoteurs espèrent aussi attirer la diaspora qualifiée. Les ingénieurs congolais formés à l’étranger pourraient revenir, séduits par des opportunités ouvertes dans la gestion des centrales ou la fabrication de panneaux assemblés localement, renforçant ainsi la chaîne de valeur nationale.

Chaque étape sera accompagnée d’une campagne de sensibilisation sur les économies d’énergie. Radios communautaires et clubs scolaires expliqueront l’importance d’éteindre les ampoules superflues ou de privilégier des appareils efficaces, histoire de faire rimer électrification et sobriété.

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